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Et si l’Allemagne gravait le climat dans sa Constitution ?

Entre sécheresse record et feux de forêts, l’Allemagne s’interroge sur la meilleure façon de protéger son avenir. Le SPD propose de graver le climat dans…

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Et si l'Allemagne gravait le climat dans sa Constitution ?

Entre sécheresse record et feux de forêts, l’Allemagne s’interroge sur la meilleure façon de protéger son avenir. Le SPD propose de graver le climat dans la Loi fondamentale, mais la droite hésite.

L’Allemagne étouffe. Le Rhin n’a jamais été aussi bas, les champs donnent des récoltes faméliques et les forêts partent en fumée. Dans ce contexte brûlant, le Parti social-démocrate a décidé de passer à l’offensive. Dimanche, il a proposé d’ajouter à la Loi fondamentale la protection de la nature et l’adaptation au changement climatique comme missions partagées entre l’Etat fédéral et les Länder.

Cette révision constitutionnelle n’est pas un simple symbole. Elle doit permettre à l’Etat fédéral de mettre la main au porte-monnaie pour financer les communes et les régions dans leurs projets climatiques. Le SPD veut aussi durcir le droit de l’urbanisme, protéger les travailleurs contre les fortes chaleurs et préparer le pays aux canicules à répétition. Mais pour changer la Constitution, il faut une majorité des deux tiers au Parlement. Et de ce côté, la CDU du chancelier Merz fait la moue.

Klaus Mack, vice-président du groupe chrétien-démocrate, demande à voir une proposition concrète avant de s’engager. Il s’interroge notamment sur le coût d’une telle réforme et sur la répartition des compétences entre les ministères. Les associations écologistes, elles, n’ont pas de doute. Le patron de Greenpeace Allemagne, Martin Kaiser, exhorte la droite à dépasser ses réticences et à former une majorité avec tous les partis démocratiques. Sa collègue Barbara Metz, de Deutsche Umwelthilfe, est plus directe encore. Elle réclame des actes, pas des intentions, pendant que les villes continuent de se couvrir de béton et que des gens meurent de chaud.

L’addition est lourde. L’Association allemande des villes et des communes estime qu’il faudrait 8 milliards d’euros par an pour adapter le pays au nouveau climat. Une facture impossible à porter au niveau local, insiste son directeur André Berghegger. Côté oppositions, les Verts soutiennent l’idée mais soulignent que le SPD l’avait bloquée autrefois. Die Linke et l’AfD balayent le projet, parlant de promesses sans lendemain. Le gouvernement, lui, promet une formulation précise d’ici novembre. Le débat allemand résonne au-delà de ses frontières, alors que l’Espagne tente elle aussi de bâtir un pacte national sur l’urgence climatique, avec un succès mitigé face à la droite conservatrice.

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