Monde
Une amnistie historique se dessine au Venezuela

Le Parlement s’apprête à adopter un texte ouvrant la voie à la libération des détenus politiques, une mesure majeure dans un contexte de fortes tensions internes et de pressions internationales.
L’Assemblée nationale vénézuélienne doit engager ce jeudi l’examen final d’un projet de loi d’amnistie générale. Ce texte, dont l’adoption est imminente, prévoit la remise en liberté de l’ensemble des prisonniers politiques incarcérés dans le pays. L’initiative émane de l’exécutif dirigé par Delcy Rodríguez, qui assure l’intérim à la tête de l’État.
Cette démarche législative intervient dans un climat de discussions complexes avec la communauté internationale, notamment les États-Unis. L’administration Rodríguez a récemment consenti à plusieurs concessions, dont un accès élargi aux réserves pétrolières nationales. Peu après, un processus de libération conditionnelle a concerné plusieurs centaines de détenus.
Le calendrier parlementaire est désormais entièrement consacré à ce seul dossier, qualifié de « loi d’amnistie pour la coexistence démocratique ». Son examen coïncide avec une journée traditionnellement marquée par des mobilisations citoyennes, où appels à des rassemblements estudiantins et manifestations du parti au pouvoir se font écho.
La procédure législative, déjà entamée la semaine dernière par un vote favorable en première lecture, a intégré une phase de consultation. Des juristes, des représentants de l’opposition et des familles de prisonniers ont été entendus. Le procureur général Tarek William Saab a lui-même participé à ces travaux, plaidant pour un débat apaisé et évoquant des attentes de réciprocité de la part de Washington concernant le sort de l’ancien président Nicolas Maduro.
Parallèlement, le pouvoir a annoncé la fermeture définitive du centre de détention de l’Hélicoïde, un lieu régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits humains. Le président de l’Assemblée nationale a assuré que la promulgation de la loi entraînerait une libération immédiate et générale.
Cependant, ce processus se déroule sur fond d’incidents illustrant les persistantes difficultés. Un responsable de l’opposition, Juan Pablo Guanipa, récemment remis en liberté, a été de nouveau interpellé et placé en résidence surveillée pour avoir, selon les autorités, enfreint les conditions de sa libération. Cet épisode, intervenu après une manifestation, souligne les fragilités du contexte actuel. La famille de l’intéressé a exprimé son inquiétude tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre un combat pour des libertés fondamentales.

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