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Une amende de 5000 euros pour avoir minimisé la Shoah

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Le président d’une association pétainiste a été condamné pour avoir déclaré que Philippe Pétain avait sauvé des centaines de milliers de juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Le tribunal judiciaire de Verdun a infligé une amende de 5000 euros à Jacques Boncompain, octogénaire et responsable de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain. La condamnation intervient pour des propos tenus en novembre dernier, à l’issue d’une messe célébrée en hommage à l’ancien chef du régime de Vichy. Devant les caméras de nombreux médias, il avait affirmé que Pétain avait sauvé au moins 700 000 juifs pendant le conflit mondial, une assertion que les magistrats ont qualifiée de minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah.

La juridiction a assorti sa décision d’une mesure inédite. Pendant deux mois, le jugement sera affiché dans l’enceinte du tribunal, une initiative destinée à prévenir toute récidive et à remplir une mission pédagogique. Les parties civiles, notamment la LICRA et l’Observatoire Juif de France, ont salué une sanction exemplaire qui démontre la constance de la justice française dans la répression des atteintes à la mémoire des victimes de la Shoah.

M. Boncompain a toutefois été relaxé pour une autre déclaration dans laquelle il présentait Pétain comme le premier résistant de France. Le tribunal a estimé que les éléments de preuve, en l’occurrence une vidéo composite, ne permettaient pas de dater précisément cette phrase et donc de caractériser l’infraction. L’intéressé, qui n’a pas assisté au délibéré, a indiqué qu’il envisageait de faire appel après avoir consulté son avocat.

Durant l’audience, le prévenu et ses témoins avaient défendu leurs positions en s’appuyant sur les travaux de quelques historiens minoritaires. Ils soutenaient la thèse selon laquelle Philippe Pétain aurait protégé les juifs français, une vision largement contredite par la communauté académique. M. Boncompain avait dénoncé un guet-apens médiatique, mais le tribunal a écarté cette argumentation, soulignant qu’en tant que président d’association, il avait lui-même cherché à médiatiser l’événement pour recruter de nouveaux adhérents.

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