Économie
L’ancien journaliste de Canal+ condamné à verser 142 500 euros à son ex-employeur
La cour d’appel de Versailles a confirmé une lourde sanction financière contre Jean-Baptiste Rivoire pour avoir enfreint une clause de confidentialité en s’exprimant dans un documentaire.
Le journaliste d’investigation Jean-Baptiste Rivoire devra payer 142 500 euros à son ancien employeur, la chaîne Canal+. La décision a été rendue mercredi par la cour d’appel de Versailles, qui a estimé que l’intéressé avait violé une clause de confidentialité en témoignant dans un documentaire de Reporters sans frontières.
L’affaire remonte à la fin de l’année 2021. Dans une interview accordée à l’ONG, M. Rivoire avait critiqué la ligne éditoriale du groupe Canal+ et les choix de son propriétaire, Vincent Bolloré. Le documentaire était diffusé quelques mois seulement après la signature de la clause de confidentialité, intervenue en février 2021. Selon les juges, ce délai était trop court pour être considéré comme raisonnable.
L’organisation Reporters sans frontières a vivement réagi à cette condamnation. Elle estime qu’elle crée un précédent inquiétant pour l’ensemble de la profession. L’ONG souligne que la protection de la réputation d’une entreprise ne devrait pas primer sur le devoir d’information du public. Elle voit dans cette affaire un signal très préoccupant adressé aux journalistes.
Dans son arrêt, la cour a toutefois reconnu que les propos reprochés au journaliste s’inscrivaient dans un mouvement plus large de contestation, notamment depuis la suppression de l’émission Les Guignols de l’info. En première instance, le tribunal des prud’hommes de Boulogne-Billancourt avait condamné M. Rivoire à verser 151 500 euros.
L’avocat du journaliste, Me Vincent Brengarth, a dénoncé une décision qui ne tire pas toutes les conséquences de l’atteinte à la liberté d’expression. Il estime que la clause de confidentialité, très large et non limitée dans le temps, équivaut à un silence imposé à vie, signé dans un contexte déséquilibré. Son client envisage un pourvoi en cassation.
Jean-Baptiste Rivoire a également souligné le contexte particulier de cette condamnation. Il a rappelé que 600 professionnels du cinéma, parmi lesquels Juliette Binoche, Adèle Haenel et Swann Arlaud, avaient signé une tribune dénonçant l’influence croissante de l’extrême droite dans le cinéma français, via Vincent Bolloré. En réaction, Maxime Saada, le directeur général de Canal+, a annoncé dimanche dernier qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les signataires de cette tribune.
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