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Une ombre judiciaire plane sur la campagne d’Édouard Philippe

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L’ouverture d’une information judiciaire visant l’ancien Premier ministre pour des soupçons de détournement de fonds publics au Havre assombrit le lancement de sa candidature à l’élection présidentielle, à moins d’un an du scrutin.

Un juge d’instruction a été saisi pour enquêter sur Édouard Philippe, maire du Havre et candidat déclaré à la présidentielle. Les faits, qui relèvent de présomptions de détournement de fonds publics, de favoritisme, de prise illégale d’intérêt et de concussion, concernent la gestion de la métropole portuaire. L’information a été confirmée par le Parquet national financier.

À l’origine de cette procédure, une ancienne fonctionnaire de la collectivité, agissant en qualité de lanceuse d’alerte, avait signalé ces faits présumés à l’automne 2023. Après une enquête préliminaire et des perquisitions menées au printemps 2024, elle a déposé une plainte avec constitution de partie civile en juin 2025. L’ancien locataire de Matignon conteste fermement ces accusations depuis le début.

Le secrétaire général d’Horizons et co-directeur de la campagne du candidat, Christophe Béchu, a minimisé la portée de cette avancée judiciaire. Il a qualifié l’affaire de « vieille histoire » et a mis en doute la crédibilité de la plaignante, estimant que la constitution de partie civile n’était qu’un « nouvel acte de procédure » après deux années d’enquête qui, selon lui, n’ont rien donné. Il a également rejeté l’idée d’une menace judiciaire pesant sur la campagne.

Néanmoins, le spectre d’une mise en examen, aux conséquences potentiellement dévastatrices pour une élection présidentielle, plane. Ce précédent rappelle les déboires judiciaires et électoraux de François Fillon il y a dix ans. Édouard Philippe figure actuellement en tête des intentions de vote pour affronter le Rassemblement national au second tour.

L’enquête porte également sur Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, et Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine. La plainte cherche à déterminer si un accord informel a été conclu entre Édouard Philippe et Mme de Bazelaire, présente sur sa liste en 2020 et ayant cédé une start-up numérique prospère la même année. Cet accord présumé viserait à obtenir un soutien politique et financier en échange de la gestion de la Cité numérique.

Les soupçons se concentrent sur une convention d’objectifs pluriannuelle signée en juillet 2020 pour animer ce site. Cette convention a été attribuée à l’association LH French Tech, présidée bénévolement par Mme de Bazelaire, après un appel à manifestation d’intérêt. L’association, unique candidate, devait percevoir plus de deux millions d’euros pour ses missions. La plaignante affirme que cette structure a été créée au moment même de la signature, dans le seul but de répondre à cet appel.

Cette actualité judiciaire surgit deux mois après la réélection d’Édouard Philippe au Havre et quelques jours après le lancement de sa campagne présidentielle à Reims. Le parti Horizons prévoit une série d’initiatives d’ici la rentrée, mais le programme détaillé promis par l’ancien Premier ministre se fait attendre, au motif que les Français ne sont pas encore pleinement dans la campagne. Ce rythme prudent suscite des critiques au sein du bloc central, où d’autres figures, comme Gabriel Attal, multiplient les apparitions publiques et pourraient officialiser leur candidature. Un proche du président de Renaissance estime qu’Édouard Philippe a manqué l’occasion de s’imposer comme le candidat naturel de la droite et du centre.

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