Société
Samsung Electronics évite de justesse une grève historique après un accord de dernière minute
Un mouvement social qui menaçait de paralyser le géant sud-coréen des semi-conducteurs a été suspendu in extremis, après des négociations marathon supervisées par le ministère du Travail.
Le principal syndicat de Samsung Electronics a annoncé mercredi soir le report de la grève qui devait débuter le 21 mai, suite à un accord de principe conclu avec la direction. Cette trêve sociale intervient après des semaines de tensions autour des salaires et du partage des bénéfices liés à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle. Les représentants du personnel, qui menaçaient de mobiliser jusqu’à 50 500 salariés sur les 125 000 que compte le groupe en Corée du Sud, ont indiqué qu’ils soumettraient cet accord provisoire à un vote de leurs adhérents entre le 23 et le 28 mai.
Les discussions, qui semblaient dans l’impasse en début de journée, ont repris en fin d’après-midi sous l’égide du ministre du Travail. Ce dernier s’est félicité que les deux camps aient maintenu le dialogue jusqu’à la dernière minute. De son côté, l’entreprise a confirmé être parvenue à une entente sur les questions salariales et les négociations collectives, promettant de tirer les enseignements de cette crise avec humilité.
Ce conflit social s’inscrit dans un contexte exceptionnel pour Samsung Electronics, dont le bénéfice net a été multiplié par plus de 27 au premier trimestre 2026, atteignant 27 milliards d’euros, porté par la demande insatiable de puces mémoires pour l’IA. Les syndicats réclamaient une augmentation des salaires de 7 %, la suppression du plafond des primes et l’affectation de 15 % du bénéfice d’exploitation à ces dernières. Ils dénonçaient également un manque de transparence dans la politique de rémunération variable du groupe, pointant du doigt l’écart avec son concurrent SK Hynix, dont les employés auraient perçu des primes trois fois supérieures l’année dernière. Cette situation aurait provoqué, selon l’avocat du syndicat, une fuite des talents vers le rival.
La direction de Samsung avait pour sa part estimé qu’accéder à des demandes jugées excessives risquait de compromettre les principes fondamentaux de gestion de l’entreprise. La présidence sud-coréenne avait exprimé ses regrets face à l’impasse, appelant les deux parties à tout mettre en œuvre pour trouver un accord, compte tenu des conséquences potentielles sur l’économie nationale.
L’impact d’une grève aurait en effet été considérable. Samsung Electronics représente à lui seul 12,5 % du produit intérieur brut de la Corée du Sud, et les puces mémoires comptent pour 35 % des exportations du pays. La Banque de Corée avait estimé que dans le pire des scénarios, un arrêt total de la production pourrait réduire le taux de croissance sud-coréen de 0,5 point de pourcentage en 2026. Le gouvernement n’excluait pas de recourir à une procédure d’arbitrage d’urgence pour suspendre la grève pendant 30 jours en cas de dommages massifs pour l’économie.
Au-delà des frontières sud-coréennes, une paralysie des usines de Samsung aurait pu perturber l’ensemble de l’industrie technologique mondiale. Le groupe est le premier fournisseur mondial de puces mémoires, composants essentiels pour les serveurs de centres de données, les smartphones et les véhicules électriques. La Chambre de commerce américaine en Corée s’était alarmée du risque de pression supplémentaire sur un marché déjà tendu, avec des goulets d’étranglement et une volatilité des prix accrus. Un tribunal sud-coréen avait d’ailleurs ordonné lundi aux syndicats de maintenir les opérations des usines à un niveau normal, sous peine d’amendes.
-
NewsEn Ligne 2 joursTempête en Méditerranée : le calvaire des passagers d’un ferry entre la Sardaigne et Toulon
-
Faits DiversEn Ligne 7 joursUne employée de maison remise en liberté dans l’affaire Manon Relandeau
-
CultureEn Ligne 5 joursLa Caverne du Pont Neuf : JR métamorphose le plus vieux pont de Paris en une œuvre d’art immersive monumentale
-
NewsEn Ligne 4 joursUn collégien en cours malgré un contact avec un malade, les autorités tempèrent les craintes
-
ÉconomieEn Ligne 5 joursLe maire RN de Carcassonne sous le feu des syndicats après avoir ordonné l’expulsion de locaux municipaux
-
ÉconomieEn Ligne 4 joursLa ruée vers la montre à 400 euros dégénère en incidents mondiaux
-
Faits DiversEn Ligne 5 joursEmprise et travail dissimulé : un groupe sectaire démantelé dans les Pyrénées-Orientales
-
NewsEn Ligne 2 joursUn pompier tué sur la Promenade des Anglais : le conducteur sous protoxyde d’azote écope de six ans de prison ferme