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Économie

L’ONU adopte une résolution pour renforcer les obligations climatiques des États

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L’Assemblée générale des Nations unies a approuvé mercredi un texte visant à consolider les engagements des pays en matière de lutte contre le réchauffement climatique, un vote salué par les défenseurs de l’environnement malgré les compromis accordés aux principaux pollueurs.

Ce texte de compromis a recueilli 141 voix favorables, 8 voix contre et 28 abstentions. Parmi les opposants figurent les États-Unis, Israël, l’Iran, la Russie et l’Arabie saoudite. L’ambassadeur du Vanuatu, Odo Tevi, à l’origine de cette initiative, a souligné l’importance de cette résolution face à des dommages climatiques déjà bien réels pour les îles et les zones côtières menacées par la montée des eaux, ainsi que pour les communautés frappées par la sécheresse et les mauvaises récoltes.

Sous l’impulsion de ce petit État insulaire du Pacifique, l’Assemblée générale avait sollicité en 2024 un avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la responsabilité des États dans le respect de leurs engagements climatiques. L’avis rendu l’été dernier a dépassé les attentes des partisans de la cause environnementale. La CIJ a estimé que les pays enfreignant leurs obligations climatiques commettaient un acte illicite, ouvrant la voie à d’éventuelles réparations pour les nations affectées.

Pour donner suite à cet avis non contraignant mais susceptible d’être utilisé par les tribunaux du monde entier, le Vanuatu a soumis en janvier un projet de résolution visant à le mettre en œuvre. Une jeune militante climatique de 17 ans originaire du Vanuatu, Vepaiamele, qui avait témoigné devant la CIJ en 2024, a plaidé pour que ce texte devienne une bouée de sauvetage face aux catastrophes et à la destruction.

La résolution salue l’avis de la Cour, souligne son importance et son autorité pour clarifier le droit international en vigueur, et appelle tous les États à respecter leurs obligations juridiques pour protéger le climat. Elle insiste sur les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, notamment par une sortie progressive des énergies fossiles, un objectif adopté en 2023 par près de 200 pays lors d’une réunion climatique à Dubaï.

Cependant, l’idée d’un registre international des dommages destiné à rassembler les preuves des préjudices attribuables au réchauffement, un élément central du projet initial, a suscité une forte opposition et a été abandonnée. Les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle se montrent régulièrement hostiles à tout mécanisme qui pourrait les contraindre à verser des réparations aux premières victimes du dérèglement climatique. La résolution précise néanmoins que, selon la CIJ, un État en violation de ses obligations climatiques engage sa responsabilité et pourrait devoir accorder une réparation intégrale aux États lésés.

Les multiples révisions du texte n’ont pas suffi à lever l’opposition des États-Unis, qui se sont une nouvelle fois retirés de l’Accord de Paris. L’ambassadrice américaine adjointe à l’ONU, Tammy Bruce, a jugé cette résolution très problématique, y voyant des exigences politiques inappropriées liées aux énergies fossiles. Des pays producteurs de pétrole comme l’Arabie saoudite et le Koweït ont tenté en vain de déposer des amendements visant à affaiblir davantage le texte, multipliant les interventions de procédure.

Les défenseurs du climat espèrent désormais que l’idée d’un registre des dommages sera relancée à la faveur d’un rapport du secrétaire général de l’ONU, que le projet de résolution invite à présenter des suggestions pour favoriser le respect de toutes les obligations mises en avant.

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