Société
Un retrait stratégique pour contrer l’extrême droite à Marseille

Le député Sébastien Delogu, candidat de La France insoumise, a annoncé le retrait de sa liste pour le second tour des municipales. Cette décision vise à éviter une victoire du Rassemblement national dans la cité phocéenne.
Le député des Bouches-du-Rhône a pris la parole mardi pour officialiser sa décision. Arrivé en quatrième position au premier tour, il a justifié son geste par la nécessité de faire obstacle à l’extrême droite. Il a déclaré que Marseille ne devait pas se retrouver sous l’administration de ce parti, sans pour autant apporter un soutien explicite au maire sortant, Benoît Payan. Il a enjoint à ses électeurs de poursuivre le combat politique et de refuser toute avancée des idées qu’il qualifie de discriminatoires et de fracturantes pour la nation.
L’élu a par ailleurs vivement critiqué l’attitude du maire sortant, qu’il a jugé irresponsable pour avoir refusé toute alliance entre leurs deux listes de gauche. Selon lui, cette absence d’accord a placé la ville dans une situation périlleuse. Un de ses soutiens, l’ancien adjoint écologiste Sébastien Barles, a renchéri en martelant l’impératif de constituer un barrage au Rassemblement national dimanche.
Cette sortie de course modifie considérablement la configuration du second tour. Elle semble avantager Benoît Payan, qui était au coude-à-coude dans les estimations en cas de quadrangulaire. Le maire sortant a salué dans un communiqué un choix difficile, appelant à l’union face à un parti dont il redoute les conséquences sociales et économiques pour Marseille.
La droite et l’extrême droite ont immédiatement réagi en dénonçant des arrangements cachés. La candidate Martine Vassal a fustigé ce qu’elle perçoit comme une alliance de fait avec la frange radicale de la gauche. De son côté, le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, a évoqué des pressions exercées sur le député insoumis pour justifier ce retrait.
La situation marseillaise contraste avec d’autres villes où des alliances de la gauche ont été conclues pour le second tour. Le refus persistant de Benoît Payan de toute fusion avait d’ailleurs conduit à une manifestation devant l’Hôtel de Ville en début de semaine. Le scrutin de dimanche s’annonce désormais comme une confrontation directe entre le camp du maire sortant et celui du Rassemblement national.

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