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Un procès sous le sceau du silence


_**L’accusé, jugé pour la mort d’un religieux vendéen, oppose un mutisme absolu aux assises. Les débats tentent de percer les motivations d’un acte dont les circonstances restent troubles.**_
Emmanuel Abayisenga, un ressortissant rwandais de quarante-cinq ans, comparaît depuis lundi devant la cour d’assises de Vendée. Il est accusé d’avoir causé la mort du père Olivier Maire, survenue en août 2021. Dès l’ouverture de l’audience, l’homme, vêtu d’un survêtement gris et d’une parka rouge, a refusé de s’exprimer oralement. Il a demandé par geste de quoi écrire, inscrivant sur un papier son refus de parler et sa volonté de ne bénéficier ni d’interprète ni d’avocat. Cette attitude n’a guère surpris les observateurs, l’intéressé ayant par le passé déjà décliné des convocations judiciaires.
Le corps du père Maire, âgé de soixante et un ans, avait été découvert dans les bâtiments de la congrégation des missionnaires montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre, où les deux hommes étaient hébergés. Les conclusions médicales ont établi que le décès était intervenu dans la nuit du 8 au 9 août, à la suite de violents coups portés à la tête. Quelques heures avant cette découverte, l’accusé s’était présenté dans un état de confusion à la gendarmerie, réclamant d’être incarcéré.
Les débats s’articulent notamment autour de l’état mental du prévenu au moment des faits. Les expertises psychiatriques ont conclu à une altération de son discernement. Cette question constitue un point central de la procédure, selon les avocats des parties civiles. Les déclarations de l’intéressé, faites aux forces de l’ordre après une période d’hospitalisation, ont par ailleurs varié concernant les raisons de son geste, qu’il a toujours nié avoir prémédité.
L’homme, présent en France depuis 2012, a vu ses multiples demandes d’asile rejetées et a fait l’objet de plusieurs obligations de quitter le territoire. Il avait justifié sa requête de protection en évoquant un passé d’enfant soldat lors du génocide rwandais, un récit ultérieurement contesté par un membre de sa famille. Condamné à une peine de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes en 2020, il avait alors expliqué avoir été profondément affecté par une agression subie dans l’édifice deux ans plus tôt.
Avant les événements, il avait manifesté à plusieurs reprises son souhait de quitter la congrégation pour retourner en détention. La mort du père Maire avait suscité une vive émotion, une réaction partagée par les plus hautes instances de l’Église catholique. Le verdict de ce procès, marqué par le mutisme de l’accusé, est attendu jeudi.





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