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Un pétrolier russe arraisonné en plein Atlantique par la marine française

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Le navire Tagor, suspecté de faux pavillon, a été intercepté dimanche à 740 kilomètres des côtes bretonnes. Il s’agit de la quatrième opération française contre la flotte fantôme russe en six mois.

La marine nationale a arraisonné dimanche un pétrolier sous sanctions européennes en provenance de Russie. Le Tagor naviguait à plus de 400 nautiques à l’ouest de la pointe de la Bretagne, soit très loin des eaux territoriales européennes. Il venait du port de Mourmansk, dans l’extrême nord-ouest de la Russie, et se dirigeait vers la ville de Limbé au Cameroun, pays dont il arborait le pavillon. Les autorités maritimes ont estimé que ce pavillon était probablement frauduleux.

Conformément à la convention de Montego Bay sur le droit de la mer, les forces françaises sont montées à bord du navire. L’examen des documents a confirmé les soupçons d’irrégularité du pavillon. Les faits ont été signalés au procureur de Brest, compétent en matière maritime. Le navire transportait une cargaison quasi vide au moment de l’interception. Il comptait vingt-trois membres d’équipage, dont la nationalité n’a pas été divulguée. Le pétrolier est actuellement escorté par la marine nationale vers un point de mouillage pour des vérifications supplémentaires. Ce trajet devrait prendre entre vingt-quatre et quarante-huit heures en raison de l’éloignement.

Le chef de l’État a qualifié cette interception de nécessaire pour lutter contre les navires qui contournent les sanctions internationales et violent le droit de la mer. Il a souligné que ces activités financent indirectement la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Il a également réaffirmé la détermination constante de la France à traquer la flotte fantôme russe.

Le Tagor est sous le coup de sanctions des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Il a changé à plusieurs reprises de pavillon, arborant tour à tour ceux de Madagascar, des îles Marshall ou du Panama. Des informations spécialisées le relient au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, fils d’un proche conseiller de l’ancien guide suprême iranien, tous deux tués en février dernier lors de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.

Le système d’identification automatique du navire n’avait plus émis de signal depuis une semaine. Il naviguait alors au large des côtes norvégiennes. Cette interception est la quatrième du genre après celles du Deyna et du Grinch en Méditerranée, respectivement en mars et janvier derniers, et du Boracay en septembre 2025 au large d’Ouessant. Ces trois navires avaient été immobilisés puis libérés après paiement d’amendes.

La France a annoncé en avril son intention de doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d’obtempérer, afin de renforcer les moyens de lutte contre la flotte fantôme.

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