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Un ostéopathe jugé pour viols sur 29 patientes : 20 ans de prison requis, il invoque la maladresse

Pendant trois semaines, un procès a disséqué les actes d’un homme accusé d’avoir abusé de sa position pour agresser sexuellement des patientes. Le parquet…

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Un ostéopathe jugé pour viols sur 29 patientes : 20 ans de prison requis, il invoque la maladresse

Pendant trois semaines, un procès a disséqué les actes d’un homme accusé d’avoir abusé de sa position pour agresser sexuellement des patientes. Le parquet a requis la peine maximale contre ce praticien qui affirme avoir simplement « mal fait son travail »._

Ce mercredi, la cour criminelle du Bas-Rhin doit rendre son verdict dans l’affaire Pierre Garitte. Cet ostéopathe de 37 ans est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement 29 femmes, entre 2016 et 2020, dans son cabinet d’Eschau, en banlieue de Strasbourg. Mardi, l’avocate générale a requis vingt ans de réclusion criminelle, la peine la plus lourde possible. Elle a décrit l’accusé comme un « prédateur » ayant agi « dans des circonstances particulièrement détestables ». Pendant tout le procès, les magistrats ont entendu des dizaines de témoignages de patientes, souvent en larmes, racontant comment cet homme en qui elles avaient confiance avait profité de leur vulnérabilité. Le praticien, lui, nie l’essentiel des faits et parle de « maladresses ».

Les faits reprochés sont glaçants. Sous prétexte de soins, Pierre Garitte aurait touché ou pénétré les parties intimes de ses patientes sans leur consentement. Plusieurs ont décrit un scénario qui se répétait : il prenait leur main et la dirigeait vers leur sexe, ou leur glissait un ou plusieurs doigts dans le vagin, sans gant, tout en respirant fort. Certaines ont eu l’impression qu’il était excité. « Je pense que j’ai été utilisée comme un objet sexuel par destination », a déclaré une patiente, sous un prénom d’emprunt. La première plainte remonte à 2018, mais l’enquête n’a réellement démarré qu’en octobre 2020, après qu’une femme a porté plainte pour viol. En fouillant le répertoire de l’ostéopathe, les enquêteurs ont retrouvé d’autres victimes. L’une d’elles a même raconté avoir été violée devant son enfant de cinq ans. « La justice ne devra pas seulement condamner un criminel, mais aussi redonner à toutes ces femmes la légitimité de leur corps et leur dignité », a plaidé l’avocate d’une des parties civiles.

Face à cette avalanche de témoignages, Pierre Garitte a maintenu sa défense : il a toujours agi dans un but thérapeutique, sans arrière-pensée sexuelle. « J’ai dû être nul en anatomie », s’est-il justifié, invoquant des maladresses. Il a reconnu avoir « blessé des gens profondément », tout en niant la plupart des pénétrations. Son avocat a jugé la peine requise « démesurée ». Mais les expertises psychologiques dressent un autre portrait de l’accusé : une personnalité « narcissique », qui tend à outrepasser les règles et à renverser la culpabilité. L’avocate générale a souligné que ses « dénégations » étaient préoccupantes pour le risque de récidive. Pendant l’instruction, il avait même fait signer à ses patients une « lettre de consentement » pour se couvrir. Aujourd’hui, il n’exerce plus et comparaît libre sous contrôle judiciaire. Ce mercredi, après ses derniers mots, la cour se retirera pour délibérer. Les 29 femmes qui ont eu le courage de parler attendent une réponse claire : que leur douleur soit reconnue, et que la confiance trahie soit enfin réparée par la justice.

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