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Un ancien policier marseillais condamné pour viols sur mineurs aux Philippines


L’ex-fonctionnaire de la brigade des mineurs écope de quinze années d’emprisonnement pour des agressions sexuelles commises à Manille, un dossier qui révèle un double jeu troublant et des failles institutionnelles.
L’ancien policier Julien Palisca a été condamné jeudi par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à une peine de quinze ans de réclusion criminelle pour le viol de deux mineurs rencontrés dans les rues de Manille. La sentence, assortie d’une période de sûreté de dix ans, comprend également une interdiction définitive d’exercer toute activité en contact avec des mineurs et un suivi socio-judiciaire de dix ans avec obligation de soins.
Tout au long de la procédure, l’accusé est resté d’une impassibilité remarquable, y compris lors du prononcé du verdict. Les faits remontent à septembre 2018, lorsque cet ex-membre de la brigade des mineurs de Marseille a commis ces agressions lors d’un séjour aux Philippines. L’affaire avait éclaté après la découverte par un collègue de plusieurs milliers de fichiers pédopornographiques sur ses appareils électroniques.
Le parquet a souligné le caractère particulièrement grave des agissements, qualifiés de « trahison » envers l’institution policière et la société. Les magistrats ont relevé le contraste saisissant entre l’image positive décrite par ses pairs – un collègue « solaire » – et la réalité d’un individu menant une double vie. Les avocats des parties civiles ont dénoncé une attitude calculatrice et des aveux minimalistes, malgré la force des preuves accumulées.
Les deux victimes, âgées de onze et quinze ans au moment des faits, ont été entendues par visioconférence. Leurs témoignages précis et contextualisés ont été déterminants pour la cour. Leur avocate a fustigé une forme de tourisme sexuel prémédité, soulignant que des recherches internet anticipées démontraient une intention claire.
La défense a tenté d’évoquer le passé traumatique de l’intéressé, lui-même victime de violences durant son enfance, sans parvenir à atténuer la sévérité du verdict. L’ancien policier a reconnu devant la cour avoir besoin d’une prise en charge psychiatrique, affirmant qu’en détention, il suivait désormais un traitement.
L’affaire a par ailleurs mis en lumière certains dysfonctionnements au sein de la brigade des mineurs, où des signes alertants n’avaient pourtant pas suscité de réactions appropriées. Si la hiérarchie ne pouvait deviner l’impensable, la gestion de certains éléments révèle selon l’accusation une forme d’aveuglement collectif.





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