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Le chef de la junte malienne brise le silence et appelle au sursaut national

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Trois jours après des attaques coordonnées d’une ampleur inédite, le général Assimi Goïta a assuré que la situation sécuritaire était sous contrôle, tout en reconnaissant une « extrême gravité » des événements.

Le chef de la junte au pouvoir à Bamako, le général Assimi Goïta, s’est exprimé pour la première fois mardi soir depuis les assauts meurtriers perpétrés ce week-end. Dans une allocution retransmise par la télévision publique, il a affirmé que la situation était « maîtrisée », mettant fin à plusieurs jours de silence qui alimentaient les spéculations sur son sort. « Le plan funeste de l’ennemi a été déjoué avec la neutralisation d’un nombre important d’assaillants », a-t-il déclaré, tout en appelant la population à un « sursaut national » face à ce qu’il a qualifié de situation d' »extrême gravité ».

Ces attaques, menées conjointement par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les rebelles indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont visé des positions stratégiques de la junte. Le bilan provisoire fait état d’au moins 23 morts, civils et militaires confondus. Parmi les victimes figure le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure clé du régime et artisan du rapprochement avec la Russie, qui a trouvé la mort lors de l’attaque de son domicile près de la capitale.

La journée de mardi a également été marquée par une menace de blocus sur Bamako, proférée par un porte-parole du JNIM dans une vidéo. Ce dernier a annoncé l’interdiction de toute entrée dans la capitale jusqu’à nouvel ordre, tout en accordant un délai de tolérance pour ceux souhaitant en sortir. L’ambassade des États-Unis a fait état de « signalements de mouvements terroristes possibles » dans la ville et a recommandé à ses ressortissants de se confiner.

Sur le terrain, l’armée malienne a abandonné plusieurs positions dans la région de Gao, tandis que la ville stratégique de Kidal, dans le nord, est repassée sous contrôle rebelle. Le ministère russe de la Défense a confirmé que les paramilitaires de l’Africa Corps avaient dû se retirer de cette localité, jugeant la situation « difficile ». Le Kremlin a exprimé le souhait d’un retour « au plus vite » de la stabilité dans ce pays sahélien, où la junte avait rompu les alliances occidentales pour se tourner vers Moscou.

Ces événements sans précédent fragilisent le discours du régime, qui affirmait jusqu’alors avoir inversé la tendance face aux groupes armés grâce à une stratégie de rupture et à de nouveaux partenariats étrangers. Pour de nombreux observateurs, l’objectif des assaillants ne serait pas la prise de la capitale, mais bien la reconquête des régions du nord du pays.

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