Monde
Washington et Téhéran dans l’impasse diplomatique


Les discussions pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient stagnent, alors que les États-Unis se montrent réticents face à une nouvelle proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, toujours paralysé.
Les tentatives de résolution de la guerre au Moyen-Orient semblent au point mort. Washington examine avec scepticisme la dernière offre de Téhéran concernant le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce énergétique mondial, dont la réouverture constitue un enjeu central pour une paix durable. Le conflit, déclenché par des opérations israélo-américaines contre l’Iran le 28 février, a conduit à un cessez-le-feu il y a trois semaines, mais le détroit reste bloqué par les autorités iraniennes, tandis que les États-Unis maintiennent un blocus des ports iraniens.
Le porte-parole de l’armée iranienne, Amir Akraminia, a déclaré à la télévision d’État que la guerre n’était pas considérée comme terminée. Une proposition iranienne pour sortir de l’impasse a été examinée à Washington lors d’une réunion avec les principaux conseillers sécuritaires du président américain. Selon des informations non démenties de CNN et du Wall Street Journal, le président américain aurait indiqué qu’il était peu enclin à accepter cette offre. Téhéran a exhorté Washington à abandonner ses exigences jugées illégales et irrationnelles, estimant que les États-Unis n’étaient plus en mesure d’imposer leur volonté à des nations indépendantes.
D’après des informations du site Axios, reprises par l’agence officielle iranienne Irna, la proposition iranienne prévoirait une réouverture du détroit et une fin des hostilités, avec des négociations sur le dossier nucléaire reportées à une date ultérieure. Parallèlement, le Parlement iranien prépare une loi visant à placer le détroit sous le contrôle des forces armées, à interdire le passage aux navires israéliens et à instaurer des droits de passage payables en rials iraniens.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a répondu sur Fox News que Washington ne pouvait tolérer que les Iraniens instaurent un système où ils décideraient qui peut emprunter une voie maritime internationale et à quel prix. Le centre d’analyse américain Soufan estime que les dirigeants iraniens parient sur la hausse des prix du pétrole et les pénuries mondiales de produits dérivés pour exercer une pression sur le président Trump, l’incitant à accepter un règlement loin de sa demande d’une reddition inconditionnelle.
De leur côté, selon la même source, l’administration Trump semble miser, à tort selon de nombreux experts, sur un renforcement du blocus des ports iraniens pour contraindre le régime à céder. Le président américain a vivement critiqué le chancelier allemand Friedrich Merz sur son réseau Truth Social, après que ce dernier a déclaré que les Américains n’avaient visiblement aucune stratégie en Iran et que Téhéran humiliait la première puissance mondiale.
L’armée américaine a annoncé avoir arraisonné puis relâché un navire marchand en mer d’Arabie, soupçonné d’avoir tenté de violer le blocus. Depuis l’instauration de ce blocus le 13 avril, 39 navires ont été redirigés pour en garantir le respect. La paralysie persistante du détroit pèse lourdement sur l’économie mondiale, le baril de Brent clôturant à 111,26 dollars.
Face à l’impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde contre un conflit gelé dans le Golfe. Le Conseil de coopération du Golfe a condamné les attaques flagrantes de l’Iran contre ses membres et exigé des initiatives sérieuses pour rétablir la confiance, à l’issue d’une réunion des dirigeants régionaux en Arabie saoudite. Le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Le bilan du bombardement de l’école de Minab, dans le sud de l’Iran, l’un des épisodes les plus tragiques, a été révisé à 155 morts, dont 120 enfants, contre 175 précédemment estimés.
Au Liban, Israël a mené plusieurs frappes contre le Hezbollah, tuant huit personnes, dont trois membres de la Défense civile, et blessant deux soldats libanais. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a affirmé que son pays n’avait aucune visée territoriale dans le sud du Liban, où l’armée israélienne maintient une présence malgré une trêve que chaque camp accuse l’autre de violer.





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