Économie
TotalEnergies assume ses profits et son rôle stratégique


Le PDG a justifié la performance du groupe face aux critiques sur un éventuel profilage des tensions au Moyen-Orient.
Devant plusieurs centaines d’actionnaires réunis dans la tour de La Défense, le dirigeant a défendu les résultats financiers du groupe, qui ont atteint près de cinq milliards d’euros au premier trimestre, en hausse de 51% sur un an. Il a estimé que l’entreprise ne devait pas s’excuser de sa réussite.
Le PDG a mis en avant la contribution de TotalEnergies à la souveraineté énergétique de l’Europe et de la France, grâce à ses importations d’hydrocarbures, ses raffineries actives et sa production électrique. Il a affirmé qu’aucune souveraineté européenne ne serait possible sans un acteur capable d’investir sur le long terme.
Selon lui, le pétrole restera cher même après le conflit, ce qui poussera de nombreux États à accélérer l’électrification et les énergies renouvelables. Il a assuré que son groupe serait présent dans cette transition, avec l’objectif que l’électricité représente 20% de ses ventes d’énergie d’ici 2030.
Les actionnaires ont largement soutenu le discours, certains saluant la performance financière. Un employé actionnaire a jugé qu’une entreprise doit faire des profits, sinon elle serait une association. Un autre a souligné l’attachement du groupe à la France via le plafonnement des carburants.
Les critiques des défenseurs du climat sont toutefois restées vives. Des militants ont dénoncé les projets pétroliers et gaziers en Afrique et réclamé une taxation des bénéfices exceptionnels. Une petite trentaine de manifestants ont installé un pipeline en carton devant la tour, suivis plus tard par des militants communistes appelant à la nationalisation.
Le PDG a reconnu que son groupe ne pouvait pas formuler un objectif de neutralité carbone en 2050, car cet objectif n’est plus jugé atteignable par la majorité des experts. Il a cependant nié tout recul de l’ambition climatique, se distinguant des revirements de concurrents comme BP et Shell.
L’assemblée générale a approuvé à 97,59% l’extension de la limite d’âge du président de 70 à 75 ans et celle du directeur général de 67 à 70 ans. Le PDG a justifié cette mesure pour faciliter les transitions futures. Une autre résolution a validé la nomination du directeur général de Société Générale en tant qu’administrateur indépendant.





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