Monde
Tarique Rahman investi à la tête d’un Bangladesh en quête de stabilité


_**Le nouveau Premier ministre et les députés ont prêté serment, ouvrant un chapitre politique majeur après deux années de transition.**_
Tarique Rahman a officiellement pris ses fonctions de chef du gouvernement bangladais ce mardi. La cérémonie d’investiture, présidée par le chef de l’État Mohammed Shahabuddin, a suivi la prestation de serment collective des nouveaux membres du Jatiya Sangsad, le Parlement monocaméral. Cet événement marque l’aboutissement du processus électoral organisé la semaine dernière, les premières élections législatives depuis le changement de régime intervenu en 2024.
Âgé de soixante ans, le président du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) hérite de la direction d’une nation de 170 millions d’habitants, confrontée à de multiples défis économiques et sociaux. Son parti a obtenu une large majorité à l’assemblée, avec 212 sièges sur 300, face à la coalition menée par le Jamaat-e-Islami. Dans un discours prononcé samedi, le futur dirigeant a dédié son succès électoral à la population et à ceux qui, selon ses termes, « se sont sacrifiés pour elle », ajoutant que le pays entrait désormais dans une ère de liberté.
Le gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus, le prix Nobel de la paix qui assurait l’intérim depuis la fin du précédent régime, a présenté sa démission comme prévu. Dans son dernier message télévisé, l’ancien conseiller en chef a appelé à préserver les avancées en matière de pratiques démocratiques, de liberté d’expression et de respect des droits fondamentaux engagées durant la période de transition.
Le scrutin, dont les résultats ont été validés par la commission électorale, a été suivi d’une période de tensions. L’opposition islamiste avait initialement dénoncé des irrégularités avant de finalement reconnaître sa défaite. Son leader, Shafiqur Rahman, s’est engagé à exercer une opposition constructive depuis les bancs du Parlement. Un geste de détente a d’ailleurs été observé lorsque Tarique Rahman a rendu visite à son adversaire dimanche, un acte interprété par certains élus comme le signe d’une évolution des mœurs politiques locales.
La tâche qui attend l’exécutif est considérable. Le nouveau Premier ministre a placé la reconstruction nationale et le redressement économique en tête de ses priorités. Il hérite d’une situation économique fragile, marquée par une inflation élevée, un chômage croissant et un secteur textile, vital pour le pays, sévèrement affecté. Les observateurs estiment que la capacité du gouvernement à rétablir la confiance des investisseurs et à stabiliser l’économie conditionnera sa réussite sur tous les autres fronts, notamment la consolidation des institutions et la sécurité publique.





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