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Économie

S&P maintient sa note pour la France malgré les défis budgétaires

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L’agence de notation américaine n’a pas modifié son évaluation de la dette française, conservant la note A+ avec perspective stable. Le gouvernement a pris acte de cette décision et réaffirmé son engagement à réduire les déficits.

L’agence de notation Standard & Poor’s n’a pas changé vendredi la note de la dette souveraine de la France, maintenue à A+ avec une perspective stable, sans publier de commentaire. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a indiqué prendre acte de cette décision, soulignant que l’exécutif restait mobilisé pour poursuivre l’assainissement des finances publiques et garantir la compétitivité du pays.

Les économistes anticipaient ce statu quo, estimant que le gouvernement faisait preuve de prudence dans la gestion budgétaire, notamment face à la hausse des prix du carburant. En octobre dernier, S&P avait déjà abaissé d’un cran la note de la France, la ramenant à A+, un mois après une dégradation similaire par Fitch. Moody’s, la troisième grande agence, conserve pour sa part une note légèrement supérieure, à Aa3.

Le directeur des études économiques de l’IESEG School of Management, Eric Dor, a souligné que le déficit public français, estimé à 5,1 % du PIB en 2025, reste bien supérieur à celui des autres pays notés A+, à l’exception de la Slovaquie. Il jugeait toutefois improbable une nouvelle dégradation ce mois-ci, malgré des prévisions de croissance légèrement revues à la baisse par la Commission européenne et le FMI, passant de 1 % à 0,8-0,9 %, en raison du conflit au Moyen-Orient qui perturbe le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz.

Selon Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à Rexecode, il serait contre-productif d’aggraver la notation en pleine période de tensions géopolitiques. Il a rappelé que les agences avaient déjà abaissé la note française fin 2025, après la sortie du choc énergétique lié à la guerre en Ukraine. Il a également salué la rigueur budgétaire du gouvernement, qui se montre très mesuré dans ses aides face à la flambée des carburants, avec seulement 1,2 milliard d’euros prévus, contre plus de 60 milliards lors de la crise inflationniste précédente.

Le cabinet du ministre des Comptes publics David Amiel a détaillé jeudi les économies envisagées pour faire face au coût du conflit, soit six milliards d’euros. L’État contribuera à hauteur de quatre milliards, via des gels et annulations de crédits, tandis que la Sécurité sociale apportera environ deux milliards, notamment par un gel des allègements de charges patronales sur les bas salaires. Cette mesure a suscité le mécontentement des organisations patronales.

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