Économie
Sécheresse et canicules poussent EDF à revoir sa copie sur l’eau
Les centrales nucléaires et les barrages d’EDF ont besoin d’eau pour fonctionner. Avec le réchauffement climatique, cette ressource devient plus rare et…
Les centrales nucléaires et les barrages d’EDF ont besoin d’eau pour fonctionner. Avec le réchauffement climatique, cette ressource devient plus rare et plus imprévisible, obligeant l’entreprise à investir lourdement pour s’adapter.
En France, l’électricité repose à 68% sur le nucléaire et à 13% sur l’hydroélectricité. Deux piliers qui partagent une ressource vitale, l’eau. Sans elle, pas de refroidissement pour les réacteurs, pas de turbines pour les barrages. Mais le changement climatique perturbe ce fragile équilibre. Sécheresses, canicules, crues se multiplient. La directrice Impact d’EDF prévient si l’entreprise n’est pas résiliente, c’est toute l’économie qui trinque. Car plus on s’électrifie, plus la pression sur la ressource augmente. La Cour des comptes a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme en 2024, appelant à accélérer l’adaptation. Aujourd’hui, EDF consacre 150 millions d’euros par an à ce chantier, un montant qui devrait atteindre 600 millions d’ici 15 ans.
Côté nucléaire, les 57 réacteurs doivent être refroidis en permanence. Ils sont donc installés en bord de mer ou de rivière. Quand les cours d’eau baissent ou se réchauffent trop, EDF doit réduire la production, voire arrêter des centrales pour protéger l’environnement. Le Bugey, Civaux, Golfech sont déjà concernés dès le mois de juin. Pour l’instant, la perte annuelle de production est limitée à 0,3%. Mais à l’horizon 2035, elle pourrait grimper à 1,4% et à 1,5% en 2050. Pour limiter la casse, l’électricien déploie des solutions. Des tours de réfrigération qui réchauffent moins l’eau, des bacs de stockage temporaire pour les rejets les plus chauds. Et bientôt des dispositifs de purge pour que l’eau restituée n’ait quasiment plus d’écart de température. La centrale de Civaux va en bénéficier dès cet été.
L’hydroélectricité n’est pas épargnée. Les barrages subissent déjà une baisse de production de 0,2% par an à cause du climat. Mais l’enjeu principal est la gestion des extrêmes. Une année très sèche peut faire perdre 20 TWh par rapport à une année très humide, sur une moyenne de 40 TWh. Pour compenser, EDF prévoit 4,5 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035, pour moderniser et augmenter la puissance des ouvrages. Certains barrages sont aussi repensés pour résister aux crues avec des évacuateurs spéciaux qui permettent d’écouler 3 à 4 fois plus d’eau en cas de besoin. Au total, l’entreprise prévoit d’investir 25 milliards d’euros par an dans tous ses projets, mais l’adaptation climatique reste une priorité croissante.
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