Économie
Nvidia mise sur la Corée du Sud pour bâtir l’infrastructure IA de demain
Le géant américain des puces prépare un gigantesque centre de données à Séoul. En coulisses, un barbecue de patrons a scellé des accords stratégiques.


Le géant américain des puces prépare un gigantesque centre de données à Séoul. En coulisses, un barbecue de patrons a scellé des accords stratégiques.
Jensen Huang, le patron de Nvidia, a passé la semaine dernière à Séoul autour d’un barbecue coréen avec les grands noms de la tech locale. Ce dîner informel a débouché sur une série d’annonces concrètes lundi. Le constructeur de puces graphiques prévoit de construire un vaste centre de données en Corée du Sud, un projet qui s’accompagne de plusieurs partenariats avec des poids lourds du pays. L’objectif est clair : renforcer l’infrastructure nécessaire aux systèmes d’intelligence artificielle, alors que la demande mondiale explose.
Le premier accord majeur associe Nvidia à SK Telecom. Les deux entreprises veulent bâtir un cloud IA à l’échelle du gigawatt en Corée, avec une première “usine IA” qui devrait tourner d’ici 2027. Ce projet doit fournir des services d’IA dite souveraine, physique et agentique aux entreprises et industries coréennes, avec une ambition d’expansion vers d’autres régions d’Asie. Le montant de l’investissement n’a pas été précisé. Dans la foulée, SK Hynix, un fabricant de puces mémoire appartenant au même conglomérat SK Group, a conclu un partenariat distinct avec Nvidia. Il s’agit d’une collaboration technologique pluriannuelle pour développer ensemble des puces mémoire avancées destinées aux systèmes d’IA. Ces composants sont aujourd’hui en forte tension face à la demande. Le président du groupe SK a promis de doubler la capacité de production de tranches de silicium, mais il prévient que les pénuries pourraient durer jusqu’en 2030. Construire une usine prend au moins trois ans.
Nvidia a aussi noué des collaborations avec le géant technologique Naver, spécialisé dans les moteurs de recherche et les services en ligne, ainsi qu’avec Doosan Group dans le domaine de la robotique. Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie globale très ambitieuse. Nvidia est surtout connu pour ses GPU, ces puces graphiques d’abord conçues pour le jeu vidéo, mais qui sont devenues le moteur des outils d’IA, des chatbots aux générateurs d’images en passant par les systèmes capables d’exécuter des tâches pour les utilisateurs. Alors que gouvernements et entreprises injectent des centaines de milliards de dollars dans les infrastructures d’IA, la valorisation de Nvidia a dépassé les 5000 milliards de dollars. À titre de comparaison, c’est plus que le PIB du Japon ou de l’Inde. Et la semaine dernière, l’entreprise a aussi dévoilé une puce puissante pour ordinateurs portables sous Windows, signe qu’elle veut conquérir le marché grand public des PC nouvelle génération intégrant l’IA.
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