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Neuf policiers de la CRS 43 face à la justice pour des violences commises en 2018


Le parquet de Paris a requis des peines de prison avec sursis à l’encontre des fonctionnaires, jugés pour des faits survenus lors d’une manifestation des « gilets jaunes ». L’audience a mis en lumière les conditions d’intervention et les limites de l’usage de la force.
Des réquisitions ont été formulées jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le ministère public a demandé l’application de peines d’emprisonnement, allant de six à vingt mois, entièrement assorties du sursis, à l’encontre de neuf membres de la Compagnie républicaine de sécurité. Ces derniers sont poursuivis pour des actes de violence sur des personnes s’étant réfugiées dans un établissement de restauration rapide, en marge d’une mobilisation sociale en décembre 2018.
Lors des débats, la magistrature a rappelé les principes encadrant l’action des forces de l’ordre. Elle a souligné que la nécessité et la proportionnalité de l’emploi de la force constituaient des exigences permanentes, y compris dans un contexte de tensions. Les faits, d’une durée inférieure à trois minutes et intégralement filmés sous plusieurs angles, ont pu être examinés avec précision.
Les prévenus, appartenant alors à la CRS 43, ont reconnu un certain manque de discernement au moment des événements. Ils ont décrit une atmosphère particulièrement tendue ce jour-là, après plusieurs heures de confrontations aux abords de l’Arc de Triomphe. Leur perception initiale, selon laquelle les individus présents dans le fast-food fermé commettaient des pillages, s’est avérée erronée. Les personnes concernées s’y étaient abritées pour échapper aux fumigènes, sans causer de dégâts.
La défense des policiers a mis en avant leur état de fatigue physique et psychologique, évoquant un sentiment d’isolement sur le terrain et des carences dans la chaîne de commandement. Leur ancien commandant, entendu comme témoin, a d’ailleurs vivement critiqué les décisions hiérarchiques prises ce jour-là. Les avocats des parties civiles ont, quant à eux, estimé que les violences infligées relevaient d’une forme de représaille, déconnectée de toute nécessité opérationnelle.
Le parquet a reconnu la difficulté de la mission confiée aux policiers ce samedi de décembre, sans pour autant excuser les actes commis. La représentante du ministère public a insisté sur le niveau d’exigence attendu de professionnels formés, dont la maîtrise doit rester constante. Le jugement a été mis en délibéré au 17 mars prochain.





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