Culture
Montpellier vibre au rythme de la contestation pour la liberté festive

Des centaines de défenseurs des free-parties ont envahi les rues de la ville, dénonçant une répression jugée excessive après l’interdiction des rassemblements musicaux dans l’Hérault.
Samedi après-midi, près de 1 500 passionnés de musique électronique ont transformé Montpellier en une scène à ciel ouvert. Défilant depuis la promenade du Peyrou, ils ont dansé pendant des heures derrière des camions équipés de puissants systèmes sonores, brandissant des slogans comme « La fête n’est pas un crime » ou « Moins de contrôles, plus de musique ».
Cette mobilisation fait suite à l’arrêté préfectoral interdisant pour un an les free-parties dans le département, ainsi que le transport de matériel audio destiné à ces événements. Les autorités justifient cette mesure par les nuisances sonores et l’occupation illégale de terrains, mais les manifestants y voient une atteinte à leur liberté d’expression et de rassemblement.
Pour Marco, militant d’un collectif du Vaucluse, la situation est alarmante : « On assiste à une criminalisation de la culture alternative. Les forces de l’ordre interviennent même sur des rassemblements modestes, sans respecter le cadre légal. » Une avocate engagée dans la défense des droits fondamentaux abonde dans ce sens, soulignant que la loi n’exige une déclaration préalable qu’à partir de 500 participants.
Parmi la foule, des profils variés se côtoient. Emilie, 24 ans, évoque une amélioration constante de l’organisation de ces événements, avec des actions de prévention et un nettoyage systématique des sites. Louis, lui, est venu avec son bébé, équipé d’un casque antibruit, pour soutenir un mouvement qu’il considère comme un héritage des luttes sociales des années 1980.
Les organisateurs réclament une reconnaissance officielle de ces rassemblements, demandant leur transfert sous la tutelle du ministère de la Culture plutôt que de l’Intérieur. Ils dénoncent également les saisies de matériel et les poursuites judiciaires visant les collectifs.
La mobilisation ne s’arrêtera pas à Montpellier : des manifestations similaires sont prévues dans plusieurs grandes villes françaises la semaine prochaine. Cette contestation intervient alors que d’autres départements, comme la Haute-Marne, adoptent des mesures restrictives, et qu’une proposition de loi envisage des peines de prison pour les organisateurs de rave-parties illicites.
Face à cette escalade répressive, les défenseurs des free-parties entendent faire entendre leur voix, rappelant que la fête libre reste, pour eux, un droit fondamental.

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