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Mayotte reprend les commandes de son port vital
Le port de Longoni, seul accès maritime en eau profonde de l’île, change de mains après des années de conflit tarifaire. L’assemblée locale a tranché : ce…


Le port de Longoni, seul accès maritime en eau profonde de l’île, change de mains après des années de conflit tarifaire. L’assemblée locale a tranché : ce sera un établissement public, au moins pour l’instant.
C’est un vote qui clôt des semaines d’hésitations. Mercredi, les élus de Mayotte ont approuvé la création d’un établissement public industriel et commercial (EPIC) pour gérer le port de Longoni à partir du 1er septembre. Le résultat est net : 14 voix pour, 2 contre et 3 abstentions, sur 19 votants. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité plus floue. Le président du Département-Région, Ben Issa Ousséni, l’a lui-même admis après le vote : impossible de dire combien de temps cet EPIC vivra, tant que l’État ne se prononce pas sur le statut définitif du port. L’objectif affiché est de tenir jusqu’à une reprise par l’État sous forme de grand port maritime, prévue dans le cadre de la loi du 11 août 2025 pour la refondation de Mayotte. En attendant, l’EPIC doit reprendre les quelque 60 salariés de l’actuel exploitant, Mayotte Channel Gateway (MCG), et assurer la continuité du déchargement des navires. Une nécessité absolue quand on sait que 95 % des marchandises consommées sur l’île arrivent par ce port.
Pour comprendre ce changement brutal, il faut remonter à la décision de justice. Le 2 juin, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé la résiliation du contrat de MCG, qui exploitait le port depuis 2013 et devait courir jusqu’en 2028. Motif : la société avait réclamé aux usagers des tarifs « dépourvus de toute base légale », en s’appuyant sur un arrêté que la justice estime « dépourvu de toute authenticité ». Une faute jugée trop grave et persistante pour que le contrat puisse se poursuivre. La dirigeante de MCG, Ida Nel, a dénoncé une injustice, pointant des négligences du département. Mais la décision est tombée. Résultat : il fallait trouver une solution de transition, et vite.
Les débats dans l’hémicycle ont été animés. Certains élus ont mis en garde contre le coût de l’EPIC, estimé entre 4 et 8 millions d’euros, bien loin du million annoncé au départ. D’autres ont redouté une solution provisoire qui s’éternise, comme Mayotte en a déjà connu. L’élue Hélène Pollozec a résumé la crainte : « des solutions provisoires qui durent, qui durent ». De son côté, le vice-président chargé des transports, Ali Omar, a regretté que ses propositions pour régulariser les tarifs portuaires n’aient pas été écoutées. Mais dans la salle, les syndicats, notamment la CGT-Mayotte, scandaient leur soutien à l’EPIC. Leur représentant, Malidi Madi, y voit une grande avancée et une chance pour les jeunes Mahorais de relever le défi. Une chose est sûre : ce port, seul en eau profonde de l’archipel, est trop stratégique pour rester dans le flou. Le cyclone Chido, fin 2024, a rappelé combien Mayotte est dépendante de cette porte d’entrée. La reprise en main par un EPIC est une étape. L’avenir, lui, reste à écrire.





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