Politique
Manuel Valls se rend en Nouvelle-Calédonie pour relancer un accord menacé

Le ministre des Outre-mer tente une ultime médiation après le rejet pressenti du FLNKS, alors que l’archipel reste fragilisé par les tensions politiques et économiques.
La situation en Nouvelle-Calédonie connaît un nouveau tournant alors que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) s’apprête à officialiser son refus de l’accord conclu en juillet entre l’État, les loyalistes et une partie des indépendantistes. Face à cette impasse, Manuel Valls a annoncé dimanche un déplacement sur place dans les prochains jours, affirmant son refus de renoncer à ce qu’il qualifie de « compromis historique ».
Les déclarations récentes de Christian Tein, président du FLNKS, laissent peu de doute sur l’issue du vote interne. Lors d’un congrès extraordinaire tenu samedi, ce dernier a appelé à un rejet « clair et sans équivoque » du texte, jugé insuffisant sur la reconnaissance du peuple kanak et le droit à l’autodétermination. Une position qui contraste avec l’engagement initial de la délégation du mouvement lors de la signature à Bougival, le 12 juillet dernier.
Le ministre des Outre-mer maintient pourtant que cet accord reste la seule voie possible. Il propose la mise en place d’un comité de rédaction pour préciser certains points, notamment sur la place du peuple kanak dans l’avenir institutionnel du territoire. « Sans compromis, pas de reconstruction durable », insiste-t-il, mettant en garde contre les risques d’une escalade des tensions.
Localement, le texte conserve des soutiens, notamment parmi les non-indépendantistes, le parti « ni-ni » Eveil océanien, ainsi que deux formations indépendantistes modérées ayant quitté le FLNKS l’an dernier. Mais le FLNKS, lui, semble désormais privilégier un dialogue direct avec Paris, axé sur l’accession à la souveraineté avant 2027.
Cette crise intervient dans un contexte économique alarmant. Les violences de 2024 ont entraîné une contraction du PIB de 10 à 15 %, avec plus de 10 000 emplois détruits. La visite de Manuel Valls, prévue pour la mi-août, s’annonce donc décisive, tant pour relancer le dialogue que pour éviter un nouvel enlisement.

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