News
L’ultime étape du féminicide

L’avocate des parties civiles a appelé les jurés à franchir un cap historique en qualifiant cette disparition d’aboutissement des violences conjugales, malgré l’absence de preuve matérielle.
Devant la cour d’assises du Tarn, la défense des proches de Delphine Jubillar a développé une argumentation saisissante. Me Pauline Rongier a présenté ce dossier comme l’illustration parfaite du féminicide, soulignant que l’effacement du corps constituait un degré supplémentaire dans la violence masculine. L’avocate spécialiste des violences conjugales a décrit une emprise progressive, évoquant l’isolement, la surveillance constante et les pressions psychologiques qui auraient précédé la disparition.
La plaidoirie a mis en lumière la difficulté d’établir la vérité judiciaire en l’absence de restes humains. Me Rongier a cependant estimé que cette carence matérielle renforçait la présomption de culpabilité, qualifiant cette absence de manifestation ultime de la sauvagerie. L’avocate a insisté sur la nécessité pour les jurés de surmonter cette absence physique pour rendre une décision historique, aucun féminicide n’ayant jusqu’à présent été reconnu dans de telles circonstances.
La représentation d’une amie intime de la disparue, Me Safya Akorri, a pour sa part évoqué la dimension démocratique de la mission des jurés. Tout en reconnaissant une certaine forme d’empathie pour l’accusé durant son procès, l’avocate a rappelé que derrière chaque meurtrier se cache d’abord un homme ordinaire. Elle a souligné que l’accumulation d’indices, bien que fragmentaires, formait un ensemble cohérent justifiant une condamnation.
Le banc des parties civiles a réservé une surprise avec la présence de la mère de l’accusé. L’avocate de Nadine Jubillar a expliqué que sa cliente recherchait avant tout la vérité, quelle qu’elle soit, pour permettre à ses petits-enfants de tourner la page. Cette position familiale complexe a ajouté une dimension supplémentaire à ce procès déjà chargé d’émotion.
L’accusé, maintenu en détention depuis plus de trois ans, a persisté dans ses dénégations. Son défenseur a rappelé que Cédric Jubillar n’avait jamais varié dans ses déclarations, réaffirmant son innocence à chaque audience. Les derniers mots reviendront à l’accusé vendredi avant que la cour ne se retire pour délibérer, clôturant trois semaines d’audiences particulièrement éprouvantes.

PolitiqueEn Ligne 6 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
Faits DiversEn Ligne 5 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
SociétéEn Ligne 6 joursBlocus des lycées dès lundi et grèves jeudi, une semaine mouvementée
SociétéEn Ligne 5 joursBlocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
SociétéEn Ligne 6 joursUne troisième journée contre la vie chère entre défilés massifs et tensions localisées
PolitiqueEn Ligne 6 joursUn gendarme touché par un cocktail molotov à Paris, des responsables politiques réclament des comptes
ÉconomieEn Ligne 6 joursNvidia, le banquier devenu moteur de l’intelligence artificielle
PolitiqueEn Ligne 4 joursÉdouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite
















