Europe
L’Otan promet de réduire à néant toute attaque visant un pays membre
Le plus haut gradé de l’Alliance atlantique a détaillé sa méthode pour repousser une éventuelle agression russe, depuis un forum sur la défense à…


Le plus haut gradé de l’Alliance atlantique a détaillé sa méthode pour repousser une éventuelle agression russe, depuis un forum sur la défense à Varsovie. Le message est clair, une offensive ne rapporterait rien à Moscou, sans pour autant ouvrir la porte à une escalade.
Le général Grynkewich, principal chef militaire de l’Otan, a posé une règle simple devant un parterre de responsables de la défense réunis à Varsovie. Celui qui aurait l’audace de s’attaquer à un pays membre de l’Alliance se heurterait à une riposte immédiate. Les forces alliées bloqueraient l’offensive, empêcheraient l’agresseur d’atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient, et feraient en sorte que l’opération se solde par un échec complet. Aucun scénario de victoire possible, donc, pour l’assaillant.
Cette démonstration de fermeté s’accompagne d’une stratégie en plusieurs temps que le général a lui-même baptisée sa théorie de la victoire. Première étape, casser l’attaque initiale. Deuxième, si l’offensive se poursuit, la contenir et empêcher l’ennemi d’avancer. Troisième, si elle ne s’arrête toujours pas, briser les forces adverses et le système de conduite de la guerre déployé contre l’Alliance. Le tout sans jamais chercher à provoquer une escalade, une allusion à peine voilée à l’arme nucléaire. Car si quelqu’un franchit ce cap, la responsabilité lui en incomberait entièrement, avec tout le poids moral, politique et stratégique que cela suppose.
Rien de tout cela ne signifie qu’une guerre est pour demain. Le chef militaire l’affirme sans détour, un conflit n’est ni imminent ni inévitable. L’Otan contribue justement à l’éviter en affichant clairement ses intentions défensives et en maintenant des canaux de discussion ouverts, histoire de dissiper les malentendus et de jouer la transparence. L’Alliance se défend d’ailleurs de toute ambition offensive. Elle se présente comme une alliance défensive, ce qui ne doit pas être confondu avec de la faiblesse ou un manque de détermination. « Si la guerre vient, nous bloquerons, nous étoufferons toute attaque, et ensuite, si elle ne cesse pas, nous briserons les forces qui mènent l’agression contre nous », résume le général.
Le contexte, lui, reste tendu. Les inquiétudes ont grimpé ces derniers mois, le Kremlin semblant passer à la vitesse supérieure avec plusieurs épisodes très relayés, dont un drone bourré d’explosifs retrouvé dans un aéroport allemand. Face à ces actions dites hybrides, le général insiste sur un point. Les pays membres doivent dire à la Russie, de façon claire et concise, où se situent les lignes rouges à ne pas franchir. La recette de l’Otan pour dissuader consiste à désigner Moscou comme responsable chaque fois que c’est possible et à lui promettre des représailles, dont certaines ne peuvent pas être rendues publiques. Un exercice délicat, car ces incidents se jouent dans une zone grise, en dessous du seuil qui permettrait de parler d’acte de guerre ou d’opération militaire. Incendie volontaire, sabotage, autant de dossiers que l’Alliance a longtemps eu du mal à traiter, alors que sa mission première reste de décourager une invasion armée venue de Russie.
Le secrétaire général Mark Rutte, patron civil de l’Otan, a lui aussi appelé les membres à garder la tête froide. Rester calmes, poursuivre comme avant et continuer à soutenir l’Ukraine, voilà la ligne qu’il défend. Nous ne devons pas être naïfs au sujet de la Russie, mais nous sommes plus forts et ils le savent, a-t-il lancé. Cette montée en puissance des activités russes tombe mal, à un moment où l’Europe se sent fragilisée. Les États-Unis réexaminent leur dispositif militaire sur le continent, avec la possibilité de réduire leurs effectifs, et l’annonce est attendue pour la fin de l’année. En parallèle, les pays européens accélèrent le renforcement de leurs armées, poussés par les doutes sur la fiabilité d’une Amérique dirigée par Donald Trump.
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