Monde
L’issue présidentielle péruvienne suspendue à un dépouillement laborieux
_**Le pays, secoué par des dysfonctionnements électoraux majeurs, retient son souffle. Les résultats partiels placent Keiko Fujimori en tête, tandis que la qualification pour le second tour reste indécise.**_
La tension est palpable au Pérou, où le processus de dépouillement des voix se poursuit dans un climat d’incertitude et de défiance. L’organisation du scrutin, marquée par de sérieuses difficultés logistiques ayant contraint à prolonger le vote d’une journée, a jeté une ombre sur le processus démocratique. De nombreux citoyens expriment leur exaspération face à ces désordres, certains allant jusqu’à remettre en cause la légitimité du résultat à venir.
Selon les derniers chiffres officiels, portant sur plus des trois quarts des bulletins, Keiko Fujimori, figure historique de la droite, caracole en tête avec une avance confortable. La bataille pour la seconde place, qualificative pour le second tour prévu en juin, oppose quant à elle deux candidats aux profils contrastés. L’ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga, initialement bien placé, voit son avance se réduire face à la poussée du candidat de la gauche radicale, Roberto Sanchez. Ce dernier, dont le soutien est particulièrement ancré dans les régions rurales du sud, appelle à un large rassemblement national et à une réforme constitutionnelle.
La contestation gronde déjà. Rafael Lopez Aliaga a dénoncé des irrégularités et appelé ses partisans à manifester, alimentant les craintes d’une contestation plus large des résultats finaux. Les observateurs internationaux, tout en ne relevant pas à ce stade d’éléments objectifs de fraude, ont pointé de graves dysfonctionnements dans la tenue du scrutin. Les autorités électorales péruviennes ont d’ores et déjà engagé des poursuites judiciaires contre plusieurs responsables pour entrave au processus de vote.
Dans un pays habitué aux crises politiques, avec huit chefs d’État en une décennie, ce scrutin crucial se déroulait sur un fond de défiance généralisée envers la classe politique et de préoccupations majeures concernant l’insécurité. Les programmes des principaux prétendants reflétaient cette atmosphère, promettant des mesures sécuritaires souvent radicales. Le prochain président, qui devra être investi fin juillet, héritera d’une nation profondément divisée et d’institutions mises à rude épreuve.
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