Monde
L’Iran mobilise ses partisans face à une contestation persistante


Des milliers de personnes ont répondu à l’appel des autorités à Téhéran, dans un contexte de tensions internes et de pressions internationales accrues.
Un rassemblement de grande ampleur s’est tenu lundi au centre de la capitale iranienne. Les participants, convoqués par le président Massoud Pezeshkian, ont affiché leur soutien aux institutions de la République islamique. Cette démonstration de force intervient alors que le pays traverse une période de fortes turbulences, marquée par des manifestations qui durent depuis plusieurs semaines.
Les images diffusées par la télévision officielle montraient une foule massée sur la place de la Révolution, agitant des drapeaux nationaux. Les orateurs ont rendu hommage aux membres des forces de sécurité décédés lors des récents troubles. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié ces événements de lutte contre le terrorisme, tandis que des prières étaient récitées pour les victimes de ce que le gouvernement nomme des émeutes. Des rassemblements similaires ont été rapportés dans d’autres villes du pays.
Cette mobilisation suit une interruption généralisée des communications internet, en vigueur depuis plusieurs jours. Les autorités cherchent visiblement à reprendre l’initiative sur le plan intérieur, face à un mouvement de protestation dont les origines sont économiques mais qui a pris une dimension politique. Le bilan humain des affrontements fait l’objet de déclarations contradictoires. Les organisations non gouvernementales internationales évoquent un nombre élevé de victimes parmi les manifestants, affirmant que les hôpitaux seraient sous tension. Les médias publics iraniens, de leur côté, rapportent la mort de dizaines de membres des forces de l’ordre.
La situation se déploie sur un arrière-plan diplomatique particulièrement tendu. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que Téhéran était prêt à la fois au dialogue et à la confrontation, réagissant ainsi aux récentes déclarations de la Maison Blanche. Le président américain avait en effet évoqué la possibilité d’une action militaire tout en laissant entendre que des pourparlers pourraient être envisagés. Un canal de communication entre les deux pays serait actif, selon des sources diplomatiques.
Cette crise survient dans un contexte régional déjà fragilisé par des conflits récents et des sanctions internationales. L’ampleur et la durée du mouvement actuel en font un défi majeur pour les autorités, rappelant par certains aspects la vague de protestations de 2022. La réponse du pouvoir combine pour l’instant des mesures de fermeté sur le terrain, une mobilisation de sa base de soutien et des déclarations affirmant une ouverture conditionnelle au dialogue.





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