Monde
L’Iran exclut toute concession sur son arsenal militaire

Le ministre des Affaires étrangères iranien a réaffirmé avec fermeté le caractère non négociable des capacités défensives du pays, dans un contexte de pressions internationales accrues et de tensions régionales persistantes.
Lors d’une conférence de presse tenue à Istanbul, le chef de la diplomatie iranienne a indiqué que les programmes balistiques et de défense de la République islamique ne pourraient en aucun cas faire l’objet de discussions. Cette déclaration intervient au moment où Washington exerce une pression soutenue sur Téhéran, tout en exprimant parallèlement son souhait de parvenir à un nouvel accord sur le dossier nucléaire.
Le ministre s’est exprimé à l’issue d’une rencontre avec son homologue turc, dont le pays cherche à jouer un rôle de médiateur entre les deux capitales. Il a précisé que la sécurité nationale relevait exclusivement de la souveraineté iranienne et qu’aucune discussion directe avec les États-Unis n’était envisagée pour l’instant. La Turquie, pour sa part, a estimé qu’une reprise des pourparlers sur le nucléaire était essentielle pour stabiliser la région, tout en mettant en garde contre les risques d’une escalade militaire.
Les autorités turques, qui partagent une longue frontière avec l’Iran, redoutent en effet les conséquences d’un conflit ouvert, susceptible de provoquer de nouveaux flux migratoires et d’instabilité à leurs portes. Ankara se prépare d’ailleurs à renforcer la sécurité le long de sa frontière orientale et plaide pour l’organisation d’une rencontre tripartite incluant Washington et Téhéran.
La position iranienne se durcit dans un environnement diplomatique particulièrement complexe. L’Union européenne vient en effet d’inscrire les Gardiens de la Révolution sur sa liste des organisations considérées comme terroristes, une décision qualifiée d’« erreur » par Téhéran, qui en promet des conséquences. Par ailleurs, une force navale américaine importante est actuellement déployée dans le Golfe.
Malgré ces tensions, certains observateurs estiment qu’une issue négociée reste possible, à condition que les préoccupations sécuritaires iraniennes, notamment vis-à-vis des États-Unis et d’Israël, soient prises en compte. Cette perspective nécessiterait cependant des cycles de discussions longs et complexes. Plusieurs pays de la région, dont des États du Golfe abritant des installations militaires américaines, ont récemment appelé à la retenue et à la désescalade.

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