Économie
L’inflation au Moyen-Orient pourrait frapper l’Europe plus fort qu’en 2022
La guerre en Iran fait flamber le pétrole et l’inflation repart à la hausse dans la zone euro. Des économistes de la BCE préviennent que cette crise…
La guerre en Iran fait flamber le pétrole et l’inflation repart à la hausse dans la zone euro. Des économistes de la BCE préviennent que cette crise mondiale risque d’être plus dangereuse que la précédente.
Les prix n’ont pas fini de monter. En mai, l’inflation dans la zone euro est repassée à 3,2%, un chiffre bien au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la BCE. La raison principale est la guerre au Moyen-Orient, qui a propulsé les cours de l’énergie vers le haut. Et ce choc commence à se propager bien au-delà du plein de voiture. Les services, les transports, tout ce qui dépend du coût de l’énergie voit ses prix grimper. Résultat les arguments se renforcent pour une hausse des taux d’intérêt dès ce mois-ci. Mais attention cette fois le scénario n’est pas une simple copie de 2022.
Les analystes de la BCE pointent plusieurs éléments qui jouent en faveur d’une inflation plus modérée. Le gaz, par exemple, augmente beaucoup moins que le pétrole, ce qui limite l’explosion des factures d’électricité, notamment grâce au développement des énergies renouvelables. Les consommateurs, eux, dépensent moins qu’avant. Le marché du travail est moins tendu et les politiques budgétaires comme monétaires sont déjà plus restrictives qu’au début du dernier choc. Autant de freins qui devraient empêcher une flambée généralisée des prix, du moins sur le papier.
Mais le vrai danger est ailleurs. Contrairement à 2022, la crise actuelle est mondiale. Et c’est là que ça change tout. Un choc planétaire touche toutes les chaînes de valeur en même temps. Les pressions sur les coûts se répercutent partout, sans échappatoire. Si la guerre s’aggrave ou dure plus longtemps que prévu, l’effet pourrait être non linéaire, bien plus fort que les prévisions actuelles. De plus, les ménages, échaudés par l’inflation récente, risquent de s’adapter plus vite à une hausse des prix. Et les gouvernements, eux, ont nettement moins de marge de manœuvre budgétaire pour amortir le choc. Une équation bien plus risquée qu’il y a deux ans.
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