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Liban la trêve vole en éclats 17 morts en une journée

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Israël a frappé le sud du Liban et la banlieue de Beyrouth jeudi, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. Au moins 17 personnes ont été tuées, dont des enfants, tandis que l’armée israélienne étend sa « zone de combat » vers le nord.

L’accord censé arrêter les hostilités n’a jamais vraiment tenu. Jeudi, des frappes israéliennes ont visé plusieurs zones du Liban. Dans la région de Beyrouth, une « frappe ciblée » a touché un appartement à Choueifat, une ville en bordure de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. Selon le ministère libanais de la Santé, le bilan est lourd trois morts, dont une femme et sa petite fille, ainsi qu’un enfant syrien, et 15 blessés. Les deux premiers étages de l’immeuble résidentiel ont été soufflés, a constaté un correspondant de l’AFP. C’est la deuxième fois qu’Israël cible si près de Beyrouth depuis le début de la trêve.

Au sud, les frappes ont été encore plus meurtrières. L’armée israélienne a annoncé étendre sa « zone de combat » jusqu’au fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. Dans la ville côtière de Saïda, un immeuble résidentiel a été bombardé, faisant cinq morts et 21 blessés. Plus au sud, un drone a visé une voiture sur une autoroute, tuant six personnes, dont deux enfants et leurs parents. À Tyr, la Défense civile a signalé des frappes après des ordres d’évacuation. L’une d’elles a touché une moto, tuant deux Syriens, dont un enfant. Un photographe de l’AFP a vu à l’aube un panache de feu et de fumée au-dessus de la ville. Un soldat libanais a aussi été tué à Nabatiyé, alors qu’il circulait dans la zone.

De son côté, le Hezbollah continue de riposter. Il a revendiqué jeudi une vingtaine d’attaques, dont des drones, contre les forces israéliennes dans le sud. Depuis le 2 mars, date où le Hezbollah a ouvert le feu en représailles à l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, le conflit s’est intensifié. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) déplore une « escalade » : mercredi, environ 670 projectiles ont été tirés vers Israël, le niveau le plus élevé depuis le 17 avril. Une soldate israélienne a été tuée jeudi, portant à 24 le nombre de morts côté israélien. Pendant ce temps, malgré les bombes, des habitants comme Ghazouane Halawani, à Tyr, refusent de partir : « Nous restons ici, c’est notre pays, notre terre, notre vie. » Les négociations entre le Liban et Israël doivent se poursuivre à Washington vendredi, avec une nouvelle session prévue début juin, alors que les États-Unis tentent aussi d’inclure le Liban dans un accord global avec l’Iran.

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