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L’IA ne fera pas oublier les vrais chiens de cinéma

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Alors que l’intelligence artificielle gagne du terrain à Hollywood, le réalisateur Robert Vince affirme que rien ne remplacera la spontanéité et l’authenticité d’un animal de chair et d’os sur un plateau de tournage.

Sur le tournage du nouveau volet de la saga « Air Bud », le réalisateur Robert Vince a été stupéfait par l’attitude de Roscoe, le golden retriever qui incarne le héros canin. Alors que deux comédiens simulaient des sanglots, l’animal a soudain adopté une expression inquiète, comme s’il cherchait à comprendre leur détresse. Pour le cinéaste, qui compte plus d’une douzaine de films avec des chiens à son actif, ces instants d’improvisation relèvent de la magie pure. Une magie que l’intelligence artificielle, selon lui, ne pourra jamais reproduire.

Pour le retour très attendu de la franchise, il n’a donc jamais été question de confier le rôle principal à une créature numérique. Le premier film, sorti en 1997, racontait l’histoire d’un golden retriever capable de jouer au basket et d’un jeune garçon. Si la comédie familiale est passée quasiment inaperçue dans l’Hexagone, elle a marqué toute une génération aux États-Unis, au même titre que les aventures de Lassie ou de Beethoven. Hollywood en a tiré quatre suites dans les années 2000, où le chien Buddy s’essayait au football, au baseball ou au beach-volley.

Près de trois décennies plus tard, la saga renaît avec un nouvel opus attendu en 2027. L’histoire met en scène un adolescent passionné de basket qui recueille un golden retriever errant et le baptise Buddy. Roscoe, l’un des chiens engagés pour ce retour aux sources, porte fièrement un maillot et des chaussures de sport. Lors du salon CinemaCon à Las Vegas, où l’animal a rencontré ses admirateurs, la file d’attente s’étirait sur des heures.

Robert Vince reconnaît que l’intelligence artificielle suscite une certaine curiosité dans l’industrie. Mais il reste sceptique quant à son utilisation pour remplacer les animaux. Il compare cette tendance à l’arrivée massive des effets spéciaux, qui a d’abord enthousiasmé le public avant de lasser. Pour lui, une image de synthèse ne crée aucun lien authentique avec le spectateur. La force d’un film réside avant tout dans la connexion émotionnelle que l’on tisse avec les personnages.

Le cinéaste, qui a coécrit, produit et réalisé ce nouveau volet, a choisi de s’appuyer sur cette nostalgie. Les enfants d’hier sont devenus des parents, et les réseaux sociaux réclamaient depuis longtemps une suite. Pour répondre à cette attente, M. Vince a délibérément écarté les effets numériques, bien qu’il dirige lui-même une société spécialisée dans ce domaine. Il estime que les innovations techniques doivent enrichir l’histoire, et non remplacer les interprètes.

Les récentes décisions des Oscars et des Golden Globes, qui ont rendu les acteurs générés par IA éligibles à leurs récompenses, n’ébranlent pas sa conviction. Selon lui, le grand remplacement par l’intelligence artificielle n’est pas pour demain. Peut-être même jamais, ajoute-t-il, car ces créations dépourvues d’émotion ne parviennent pas à toucher le public.

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