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Politique

La diplomatie parallèle du Rassemblement national à un an de la présidentielle

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En l’espace de quelques mois, les représentants du parti d’extrême droite ont multiplié les entretiens discrets avec les ambassadeurs de puissances étrangères, signe que les chancelleries prennent désormais au sérieux l’hypothèse d’une arrivée au pouvoir.

Dans le microcosme politique parisien, les portes des ambassades s’ouvrent avec une facilité nouvelle pour les cadres du Rassemblement national. Longtemps considéré comme un parti infréquentable, le mouvement dirigé par Jordan Bardella voit son réseau diplomatique se densifier à mesure que les sondages le placent en position de force pour la prochaine élection présidentielle.

Le président du parti a ainsi rencontré en février l’ambassadeur d’Allemagne Stephan Steinlein, un entretien qui n’avait pas été annoncé publiquement et dont l’existence n’a été révélée que plus tard, presque incidemment. Les services du RN confirment ces échanges tout en les présentant comme une pratique courante, soulignant que Jordan Bardella rencontre régulièrement des diplomates étrangers dans le cadre de ses fonctions parlementaires européennes. Cette rencontre avec le représentant de Berlin revêt pourtant une dimension particulière, alors que le parti entend défendre une ligne de rigueur budgétaire qui pourrait séduire outre-Rhin.

De son côté, Marine Le Pen a été reçue à la mi-avril par l’ambassadeur israélien Joshua Zarka, une invitation que la représentation diplomatique de l’État hébreu a présentée comme une simple rencontre avec l’ensemble des formations politiques, à l’exception de La France insoumise. Pour la triple candidate à la présidentielle, cette entrevue marque une étape importante dans le processus de normalisation entamé depuis une quinzaine d’années, elle qui posait la veille aux côtés de l’ambassadeur du Liban pour évoquer la situation au Proche-Orient.

La stratégie de dialogue tous azimuts s’est également illustrée avec les États-Unis. En décembre dernier, Charles Kushner, l’émissaire de Donald Trump à Paris, avait reçu les deux figures du RN et s’était félicité de pouvoir échanger sur leurs conceptions économiques et sociales. Peu importe que le parti affiche une certaine distance avec l’administration américaine actuelle, cette réception a placé Marine Le Pen et Jordan Bardella sur un pied d’égalité avec leurs concurrents déclarés, comme Édouard Philippe ou Bruno Retailleau, également reçus par le diplomate américain.

Ces rendez-vous discrets mais significatifs illustrent la manière dont le Rassemblement national tisse sa toile diplomatique, conscient que les relations avec les grandes puissances seront déterminantes en cas de victoire. Les deux dirigeants l’ont d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises : leur premier déplacement, s’ils accédaient au pouvoir, serait pour Bruxelles, afin de négocier avec la Commission européenne.

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