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Donald Trump consolide son autorité sur la chancellerie américaine

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La nomination de Todd Blanche, ancien avocat personnel du président, à la tête du ministère de la Justice marque un tournant dans la soumission de l’institution au locataire de la Maison-Blanche.

Depuis que Todd Blanche, jadis défenseur de Donald Trump dans plusieurs procédures pénales, a pris les rênes du département de la Justice par intérim, les observateurs juridiques constatent un franchissement de seuil inédit. Le limogeage de Pam Bondi, début avril, a ouvert la voie à cette nouvelle ère. Bondi avait échoué à faire aboutir plusieurs poursuites ciblées, notamment contre James Comey, ancien directeur du FBI, et Letitia James, procureure générale de l’État de New York.

Barbara McQuade, ancienne procureure fédérale et professeure de droit à l’Université du Michigan, estime que Bondi dirigeait déjà le ministère comme le cabinet d’avocats personnel du président. Mais la situation s’est aggravée avec Blanche. Elle cite en exemple les poursuites contre le Southern Poverty Law Center, accusé d’avoir rémunéré des informateurs infiltrés dans des mouvements suprémacistes blancs, ainsi que la nouvelle inculpation de James Comey, jugée plus fragile encore que la précédente, annulée en novembre.

Blanche a qualifié le SPLC d’organisme ayant attisé la haine raciale. Il a également justifié l’action contre Comey par la publication d’une photo sur les réseaux sociaux, interprétée comme une menace contre le président. L’image montrait des coquillages formant le message 86 47, un code évoquant l’éviction d’une personne et le numéro du 47e président.

Randall Eliason, ancien procureur fédéral, qualifie ce dossier de parodie de justice, tout en soulignant son caractère abusif. Il juge hautement improbable qu’il aboutisse à un procès, encore moins à une condamnation. L’objectif, selon lui, n’est pas de mener une enquête légitime mais d’utiliser l’appareil judiciaire pour punir un adversaire politique. Même sans verdict défavorable, ces poursuites infligent un préjudice considérable, tant sur le plan émotionnel que financier.

Les experts s’étonnent également de certains arguments avancés par le ministère. Après l’attaque survenue lors du gala de la presse fin avril, le département a invoqué la sécurité présidentielle pour demander à un juge de lever la suspension des travaux de construction d’une vaste salle de bal à la Maison-Blanche. Dans son argumentaire, le ministère accuse le NTHP, une organisation de préservation historique, de souffrir d’une névrose anti-Trump, une expression en lettres capitales qui rappelle les messages de Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Barbara McQuade souligne le caractère opportuniste de cet argument. Todd Blanche, bien que toujours ministre par intérim, semble multiplier les décisions qui sortent des cadres traditionnels du département. Sa nomination définitive nécessiterait une confirmation du Sénat au-delà d’une période de 210 jours.

Lors de sa première conférence de presse en tant que ministre par intérim, Blanche a justifié les poursuites ciblées en affirmant qu’il était de son devoir de veiller à ce que justice soit rendue. Barack Obama, dans un entretien à CBS, a rappelé que la Maison-Blanche ne devrait pas pouvoir dicter au ministre de la Justice quelles personnes inculper. Il a insisté sur le rôle du ministre comme avocat du peuple, et non comme consigliere du président.

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