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Société

Inceste parental : l’urgence d’une écoute véritable des enfants

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Face aux lacunes du système judiciaire, une députée souligne la nécessité impérieuse de donner aux mineurs victimes d’inceste les moyens d’être entendus et protégés.

La présidente d’une commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire de l’inceste parental alerte sur l’urgence d’une écoute adaptée des enfants victimes. Selon cette élue, des moyens humains et financiers supplémentaires sont indispensables pour que leur parole soit correctement recueillie et prise en compte.

Créée à la demande de parents dits protecteurs, cette commission examine les difficultés rencontrées par ceux qui cherchent à faire reconnaître des violences incestueuses subies par leurs enfants. Ces parents se voient parfois contraints de confier l’enfant au parent mis en cause, faute de preuves suffisantes aux yeux de la justice. L’objectif est d’analyser le parcours judiciaire de ces affaires, la manière dont la parole de l’enfant est considérée et le sort réservé aux parents protecteurs.

Les premières auditions révèlent une série de dysfonctionnements, principalement liés à un manque de moyens. Le nombre insuffisant de magistrats et d’enquêteurs, tout comme le défaut d’équipements adaptés, compromettent la qualité des premiers entretiens avec l’enfant. Or, une première audition ratée compromet souvent l’ensemble de la procédure.

L’affaire Coline Berry, qui a relancé ses accusations d’inceste contre son père avant un classement sans suite pour prescription, illustre selon l’élue le déni persistant dans la société. Beaucoup peinent à imaginer qu’une personne appréciée puisse être un agresseur. Ce mécanisme de défense conduit parfois à discréditer la parole de la victime plutôt qu’à remettre en cause l’image de l’accusé.

Pour améliorer la situation, la députée insiste sur la nécessité de s’attaquer au traitement judiciaire de l’inceste. Les statistiques fiables manquent, mais un chiffre revient souvent : seulement un pour cent des auteurs présumés seraient condamnés. Les classements sans suite ne signifient pas l’absence de faits, mais l’incapacité à les caractériser. Dans ces affaires, se focaliser sur les preuves matérielles peut être contre-productif, car certains agresseurs échangent des conseils pour ne laisser aucune trace. Les magistrats entendus préconisent plutôt une enquête approfondie sur l’environnement familial et social de l’enfant.

Plusieurs pistes sont envisagées. La formation continue des magistrats est déjà obligatoire, mais celle des experts judiciaires et des médecins ne l’est pas, ce qui pose problème. Une réflexion est également menée sur les ordonnances de protection de l’enfant et sur la situation des parents protecteurs. Faudrait-il dépénaliser le fait de ne pas présenter l’enfant au parent soupçonné d’inceste en cas de séparation ? Enfin, un accompagnement renforcé des victimes est jugé indispensable.

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