Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Le MV Hondius, touché par une épidémie d’hantavirus, doit jeter l’ancre au large des Canaries aux premières heures de dimanche

Article

le

Un dispositif sanitaire inédit a été mis en place pour évacuer les quelque 150 passagers et membres d’équipage vers leurs pays d’origine, sans aucun contact avec la population locale.

Le navire de croisière MV Hondius, frappé par une contamination au hantavirus, est attendu tôt dimanche au large des îles Canaries. L’opération de débarquement, qualifiée d’inédite par les autorités espagnoles, doit permettre de rapatrier les personnes à bord vers leurs pays respectifs. Selon la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez, le bâtiment arrivera entre quatre et six heures du matin, heure locale. Une partie de l’équipage restera à bord tandis que le navire poursuivra sa route vers les Pays-Bas.

Sur le port industriel de Granadilla, l’activité semblait normale. Certains habitants profitaient de la baignade, d’autres faisaient leurs courses ou s’attablaient en terrasse, a rapporté un journaliste de l’AFP. David Parada, vendeur de loterie, a confié que l’inquiétude n’était pas palpable. Les autorités régionales des Canaries se sont pourtant opposées à ce que le MV Hondius accoste sur l’archipel. Le navire mouillera au large, et les évacuations devront se dérouler entre dimanche midi et lundi, seule fenêtre météorologique disponible.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a adressé une lettre aux habitants de Tenerife pour apaiser les craintes. Il a reconnu la gravité de la situation tout en réaffirmant que le risque pour la santé publique lié au hantavirus restait faible. Il a également salué la solidarité de l’archipel. Le dernier bilan de l’OMS fait état de six cas confirmés, dont trois décès, sur huit cas suspects. Ce virus, connu mais rare, ne dispose ni de vaccin ni de traitement, et peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

Lors d’une conférence de presse à Madrid, les ministres de la Santé et de l’Intérieur ont détaillé le dispositif. Ils ont insisté sur le fait qu’aucun contact ne serait autorisé avec la population locale. Les passagers débarqueront de manière échelonnée, les quatorze Espagnols en premier, tous équipés de masques FFP2. Une fois examinés médicalement à bord, ils seront transférés vers la terre ferme dans une embarcation plus petite, puis conduits à l’aéroport de Tenerife-Sud pour être rapatriés vers les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas. Une zone d’exclusion maritime sera mise en place autour du navire.

Le patron de l’OMS est arrivé en Espagne et doit rencontrer le Premier ministre Pedro Sánchez à Madrid. Il se rendra ensuite aux Canaries avec les ministres espagnols de la Santé et de l’Intérieur pour superviser le débarquement des passagers, tous asymptomatiques jusqu’à présent. Le MV Hondius, exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, avait quitté Ushuaïa en Argentine le 1er avril. L’alerte sanitaire internationale a été déclenchée le week-end dernier après la mort de trois passagers, suspectée d’être due à l’hantavirus.

Ce virus se transmet généralement par les rongeurs, via leur urine, leurs excréments ou leur salive. La souche détectée à bord, l’hantavirus Andes, est rare et peut se propager d’homme à homme, avec une période d’incubation pouvant atteindre six semaines. Ces derniers jours, les autorités sanitaires de plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et l’Afrique du Sud, ont cherché à identifier les cas contacts pour les isoler et les tester.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus