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La sortie de Boris Vallaud rebat les cartes au Parti socialiste pour la présidentielle

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En quittant la direction du PS, le député des Landes précipite les arbitrages internes : primaire élargie, candidature maison ou ralliement à Raphaël Glucksmann.

Vendredi, Boris Vallaud a annoncé son départ des instances dirigeantes du Parti socialiste. Dans une lettre adressée au premier secrétaire Olivier Faure, le chef de file du courant « Unir » a dénoncé une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » interne et une « stratégie d’isolement et d’enlisement ». Son mandataire, le sénateur Alexandre Ouizille, a également pointé du doigt des méthodes de travail jugées peu respectueuses.

Cette défection intervient dans un climat de fortes tensions. Depuis plusieurs semaines, le principal sujet de discorde concerne l’organisation d’une primaire de la gauche non-mélenchoniste, souhaitée par les Écologistes et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Olivier Faure penche pour une participation du PS à cette procédure, tandis que Boris Vallaud s’y oppose fermement, lui qui s’est rapproché de Raphaël Glucksmann et de Yannick Jadot.

Pour Laurent Baumel, proche d’Olivier Faure, ce départ relève davantage d’une « rupture symbolique » que d’un véritable tournant. Il rappelle que la majorité nécessaire pour valider une primaire n’existe pas au sein des instances du parti. Mais il reconnaît que Boris Vallaud ne propose aucune alternative à cette « solution pragmatique », sans laquelle Marine Tondelier, Clémentine Autain ou François Ruffin pourraient présenter leurs propres candidatures, fragmentant encore davantage la gauche alors que le Rassemblement national domine les sondages.

Olivier Faure pourrait tenter d’imposer la primaire par un vote direct des militants. La direction du PS a d’ailleurs réagi en estimant que « l’on ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires ». En parallèle, les partisans d’une candidature sociale-démocrate unique, comme Raphaël Glucksmann ou François Hollande, militent pour que le choix final se porte sur le candidat le mieux placé dans les enquêtes d’opinion, sans passer par une primaire.

L’entourage de François Hollande a appelé à tirer rapidement les conséquences de ce départ et à entériner un processus de désignation d’un candidat social-démocrate avant la fin de l’année. Quant à Boris Vallaud, certains observateurs estiment qu’il pourrait viser le rôle de « chef de file du PS à la présidentielle », sans nécessairement être candidat en titre. Dans ce scénario, il pourrait se ranger derrière Raphaël Glucksmann si celui-ci conserve son avance dans les intentions de vote.

François Hollande, de son côté, n’a pas dit son dernier mot. Il surveille de près l’évolution des sondages. Si la dynamique reste favorable à Glucksmann, il pourrait le soutenir. Mais en cas de recul, l’ancien président pourrait être tenté de se lancer dans la course, fort de son expérience des affaires internationales dans un contexte géopolitique tendu.

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