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Le MV Hondius accoste à Tenerife pour une évacuation sanitaire sous haute surveillance

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Le navire de croisière MV Hondius, frappé par un foyer d’hantavirus, a jeté l’ancre ce dimanche matin dans le port de Granadilla de Abona, aux Canaries, pour procéder au débarquement de plus d’une centaine de passagers et membres d’équipage.

Le navire de croisière MV Hondius, où un foyer d’hantavirus a été détecté, est arrivé tôt dimanche sur l’île espagnole de Tenerife, dans l’archipel des Canaries. L’évacuation des passagers et membres d’équipage, plus d’une centaine de personnes, a débuté dans la foulée, a constaté un journaliste présent sur place. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense à ce stade six cas confirmés d’hantavirus parmi huit cas suspects, dont trois personnes décédées de ce virus rare pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, mais l’OMS a tenu à rassurer en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une menace comparable à celle du Covid-19.

Le MV Hondius a pénétré dans le petit port de Granadilla de Abona, dans le sud de Tenerife, vers 07h00 (05h00 GMT). Une partie de l’équipage restera à bord pour permettre au navire de poursuivre sa route vers les Pays-Bas. Depuis ce port industriel, la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez, a annoncé samedi que tout le dispositif était en place pour accueillir le navire avec toutes les garanties sanitaires nécessaires. Elle a également indiqué que le test d’une patiente hospitalisée à Alicante s’était révélé négatif à l’hantavirus.

Le début des évacuations est prévu vers 08h00 (07h00 GMT), selon un communiqué publié samedi par l’exploitant du navire, la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions. Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a assuré que l’Espagne était prête et préparée, lors d’un point presse samedi soir sur le port où il supervise les opérations.

Tous les passagers à bord du MV Hondius, parti le 1er avril d’Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des contacts à haut risque, bien qu’ils soient tous asymptomatiques à ce stade. Ils devront faire l’objet d’une surveillance médicale pendant 42 jours, a précisé samedi Maria Van Kerkhove, directrice de la prévention et de la préparation aux épidémies et pandémies à l’OMS. Le gouvernement central à Madrid a répété que le dispositif d’évacuation garantissait qu’il n’y aurait aucun contact avec la population locale tout au long de la chaîne de prise en charge.

Dans le détail, après un examen médical à bord, les passagers débarqueront de manière échelonnée et ordonnée, sans leurs bagages. Les 14 Espagnols seront évacués en premier, tous portant des masques FFP2, a expliqué Mónica García. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a évoqué une opération qui se veut rapide. Les passagers seront ensuite transférés vers la terre ferme à bord d’une embarcation plus petite, puis conduits jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, situé à une dizaine de minutes, pour être rapatriés vers leur pays d’origine. Une zone maritime d’exclusion temporaire sera créée autour du navire à son arrivée, et plusieurs vols de rapatriement sont déjà prévus vers les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas.

Les cinq Français à bord seront rapatriés en France ce dimanche, a annoncé le gouvernement français. Le Premier ministre Sébastien Lecornu tiendra une réunion à Matignon dans l’après-midi pour faire un point de situation avec les ministres concernés. L’avion du ministère espagnol de la Défense chargé d’évacuer les ressortissants espagnols vers Madrid est déjà arrivé sur place. En milieu de semaine, trois personnes avaient déjà été débarquées au Cap-Vert avant de rejoindre l’Europe à bord d’un avion médicalisé.

Le patron de l’OMS a déclaré entendre et comprendre l’inquiétude légitime de la population locale aux Canaries, tout en soutenant, comme dans une lettre adressée aux habitants, que le risque pour eux était faible. Ces derniers jours, les autorités régionales des Canaries s’étaient fermement opposées à l’accostage du MV Hondius, qui mouillera au large. David Parada, un vendeur de loterie interrogé par l’AFP, a toutefois estimé que les gens ne semblaient pas très préoccupés, malgré les craintes exprimées.

L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive. Des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du navire, l’hantavirus Andes, était une souche rare pouvant se transmettre d’homme à homme, avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines. Les autorités sanitaires de plusieurs pays se sont efforcées ces derniers jours de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests.

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