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L’IA au service du cyber-harcèlement, une association sonne l’alarme


Face à la multiplication des contenus intimes diffusés sans consentement, Point de Contact appelle à une réponse systématique et rapide des autorités et des plateformes.
L’émergence d’outils d’intelligence artificielle facilitant la création d’images explicites non autorisées met en lumière les lacunes persistantes dans la lutte contre ce phénomène. L’association Point de Contact, organisme de signalement reconnu, constate une augmentation considérable des signalements, dont une part significative concerne des contenus à caractère pédocriminels ou des diffusions non consenties. Elle plaide pour une approche plus structurée et efficace du retrait de ces publications illicites.
Les chiffres sont éloquents. Le nombre de signalements reçus par l’association a été multiplié par trois en un an, dépassant les cent vingt mille en 2025. Parmi les cas traités, près de la moitié ont été jugés illicites, avec une prédominance de matériel pédocriminel et de pornographie accessible aux mineurs. Les diffusions non consenties de contenus intimes impliquant des adultes représentent également une part substantielle de ces signalements.
Le processus de retrait révèle des disparités importantes selon la nature du contenu. Si les plateformes réagissent généralement avec célérité face aux infractions les plus graves, comme la pédocriminalité, leur réactivité est moindre pour d’autres délits, notamment la diffusion non consentie d’images d’adultes. Cette situation crée un angle mort préoccupant, laissant souvent les victimes démunies face à des hébergeurs peu coopératifs.
Le cadre juridique actuel apparaît inadapté à la vitesse de propagation de ces contenus. Les procédures judiciaires, longues et complexes, contrastent avec l’immédiateté de la diffusion en ligne. Point de Contact souligne l’urgence de renforcer les moyens d’action, en s’inspirant par exemple de législations étrangères qui imposent des délais de retrait stricts aux plateformes. L’association préconise notamment la mise en place d’un mécanisme de blocage temporaire des contenus signalés par des organismes de confiance, en attendant une décision de justice.
Cette industrialisation du retrait est présentée comme une nécessité pour protéger efficacement les victimes, majoritairement des femmes, et endiguer un fléau amplifié par les nouvelles technologies. L’appel lancé vise à une mobilisation générale des régulateurs, des parquets et des opérateurs numériques pour combler les failles d’un système de protection jugé insuffisant.





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