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L’été, pire que l’hiver pour ceux qui vivent dans la rue

Quand le thermomètre flirte avec les 40 degrés, les sans-abri ne peuvent pas « rester chez eux ». Entre soif, épuisement et expulsions, ils racontent leur…

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L'été, pire que l'hiver pour ceux qui vivent dans la rue

Quand le thermomètre flirte avec les 40 degrés, les sans-abri ne peuvent pas « rester chez eux ». Entre soif, épuisement et expulsions, ils racontent leur combat quotidien contre une chaleur qui tue.

Valentin a passé des hivers dans le froid, blotti près d’un feu de camp à l’écart du centre de Marseille. Mais ce qu’il redoute aujourd’hui, c’est l’été. La chaleur est partout, sans répit. « Quand il fait chaud, même te mettre de l’eau sur la peau, ça ne te refroidit plus », explique-t-il. Alors, il cherche une place à l’ombre pour lui et ses chiens, en attendant que les policiers passent et les obligent à bouger. Il utilise les fontaines du Vieux-Port et de la Canebière pour boire et se laver. Les maraudes distribuent du savon. Mais sa seule occupation, c’est d’attendre le soir. « Tu ne fais rien, tu attends que la nuit tombe pour vivre, pour promener les chiens. » Pour ce Breton d’origine devenu Marseillais, l’été est une épreuve silencieuse et épuisante.

Les associations le martèlent les sans-abri sont les premiers à souffrir de la canicule. En 2025, le Collectif les Morts de la Rue a recensé 960 décès de personnes sans domicile fixe. Et 228 depuis janvier 2026. Deux corps ont été retrouvés mercredi à Argenteuil, en pleine alerte canicule. « On pense plus aux sans-abri en hiver, mais des gens meurent dans la rue parce qu’il fait trop chaud », alerte Francis Vernède, de la Fondation pour le logement des défavorisés. Le gouvernement répète « Restez chez vous aux heures les plus chaudes ». Sauf que ces personnes n’ont pas de chez-soi. Elles subissent 35 à 40 degrés pendant des heures, sans abri, sans répit. Les équipes de terrain distribuent de l’eau fraîche et du sirop pour donner envie de boire, et orientent vers les douches et les fontaines. En cas de danger, elles appellent les pompiers.

Face à l’urgence, des voix s’élèvent pour réclamer des mesures concrètes. La Fondation demande des « plans canicule » sur le modèle des plans hiver, avec des hébergements d’urgence ouverts pendant les nuits de forte chaleur. Le député Paul Vannier a déposé une proposition de loi pour créer une trêve estivale interdisant les expulsions locatives du 1er juin au 30 septembre, et obligeant l’ouverture de places supplémentaires dès le déclenchement d’une vigilance orange. Bastien, lui, alterne entre l’hôtel et la rue depuis trois mois. « La chaleur, c’est compliqué quand on n’a pas de revenus », confie-t-il. Le plus dur selon lui trouver de l’ombre, s’hydrater et se laver. Il utilise les douches des plages ou le pôle hygiène pour précaires. Il attend le soir pour descendre à la mer. Pour manger, il fait la manche près d’un supermarché. Mais avec la canicule, les gens sont plus renfermés, moins généreux. La chaleur isole encore un peu plus ceux qui vivent sans toit.

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