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Ebola en RDC le virus gagne du terrain et l’alerte mondiale ne suffit plus

L’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo ne ralentit pas. Près de 5 000 personnes ont été infectées et l’OMS craint une…

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Ebola en RDC le virus gagne du terrain et l'alerte mondiale ne suffit plus

L’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo ne ralentit pas. Près de 5 000 personnes ont été infectées et l’OMS craint une propagation au-delà des frontières.

La République démocratique du Congo traverse une flambée d’Ebola hors norme. Trois mois après le début de l’alerte, la maladie circule toujours aussi vite et les autorités sanitaires le disent clairement, la riposte est débordée. Le chef de l’OMS a été sans détour, l’épidémie est loin d’être maîtrisée.

Les derniers chiffres donnent la mesure de l’urgence. Environ 5 000 personnes ont contracté le virus et plus de 2 300 en sont mortes. La maladie touche six provinces et s’étend sur 55 zones sanitaires. C’est déjà la deuxième épidémie d’Ebola la plus grave jamais enregistrée, et aucune autre n’avait progressé aussi vite.

Le pays a déclaré cette 17e épidémie le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard. Elle frappe des régions du nord et de l’est où l’État est peu présent, où les structures de santé manquent de tout et où les équipes d’intervention suivent difficilement l’explosion des cas. L’insécurité, les déplacements forcés et les mouvements incessants de personnes vers les sites miniers, par les routes et les cours d’eau, nourrissent la propagation.

L’OMS a placé la situation au niveau d’urgence de santé publique de portée internationale, son deuxième plus haut degré d’alerte. Son comité d’urgence se réunit pour la deuxième fois sur ce dossier. Nul ne sait quand il rendra ses conclusions, mais il paraît très peu probable qu’il lève l’alerte. Le risque est jugé très élevé en RDC, élevé pour l’Ouganda et les autres pays voisins, et faible pour le reste du monde.

Pour comprendre l’accélération, un point de comparaison suffit. En trois mois, cette épidémie a fait sept fois plus de cas et cinq fois plus de morts que la grande flambée d’Afrique de l’Ouest en 2014 sur la même période. Elle a déjà dépassé le bilan de la précédente épidémie congolaise de 2018-2020, qui avait tué 2 299 personnes. Le virus se transmet par les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique. Il a fait plus de 15 000 morts en Afrique en cinquante ans. Contre la souche Bundibugyo qui circule actuellement en RDC, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore homologué, même si des pistes de travail existent.

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