Monde
Le détroit d’Ormuz se vide, le baril reste au-dessus de 90 dollars
La guerre entre l’Iran et les États-Unis a réduit à presque rien le trafic maritime sur la voie la plus stratégique du monde. Les pétroliers et méthaniers…

La guerre entre l’Iran et les États-Unis a réduit à presque rien le trafic maritime sur la voie la plus stratégique du monde. Les pétroliers et méthaniers désertent la zone, et les prix de l’énergie en gardent la marque.
Lundi, seuls six navires de marchandises ont franchi le détroit d’Ormuz. C’est un peu plus que les trois passages de samedi et les deux de dimanche, mais à des années-lumière des 130 à 140 traversées quotidiennes qui faisaient vivre ce corridor avant le 28 février. Les relevés de position des navires indiquent une moyenne d’à peine onze passages sur les dix derniers jours.
La raison de cette chute brutale est politique. En riposte à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël, l’Iran a fermé de fait cette artère essentielle au transport mondial de pétrole et de gaz. Les conséquences se mesurent au prix du brut, qui s’accroche au-dessus de 90 dollars le baril, faute de progrès vers une issue diplomatique. Les deux camps continuent de revendiquer le contrôle du détroit et multiplient les menaces d’escalade.
Le détail des passages montre à quel point le trafic spécialisé a disparu. Aucun très grand pétrolier ni aucun méthanier chargé de gaz naturel liquéfié n’a transité ces derniers jours. Le grand transporteur de gaz Xavia, qui sert habituellement au propane et au butane, est entré dans le détroit par le côté iranien, mais il naviguait à vide. Deux pétroliers de taille moyenne ont pénétré dans le golfe, pendant qu’un méthanier moyen, un vraquier Panamax et un pétrolier Panamax en sortaient.
Le même phénomène s’observe à l’autre extrémité de la péninsule arabique. Dans le détroit de Bab el-Mandeb, dix-neuf navires de fret ont été détectés lundi, contre une moyenne de vingt-six et trente-trois dimanche. Ces décomptes restent toutefois approximatifs, car certains bâtiments coupent volontairement leur transpondeur pour échapper à la surveillance. La vraie circulation est peut-être encore plus faible, ou un peu plus dense qu’il n’y paraît.
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