Monde
Trump menace Oman et le pétrole monte autour d’Ormuz
Le président américain a promis des frappes si le sultanat gênait ses plans sur le détroit. Mascate continue pourtant de négocier avec Téhéran sans…


Le président américain a promis des frappes si le sultanat gênait ses plans sur le détroit. Mascate continue pourtant de négocier avec Téhéran sans Washington, et les cours du brut repartent à la hausse.
Donald Trump monte encore le ton. Dans une interview accordée à Fox News puis relayée sur X, le président américain a menacé Oman de bombardements si le pays venait à se mettre en travers de ses projets sur le détroit d’Ormuz. Cette sortie tombe au moment où Mascate et Téhéran discutent depuis plusieurs semaines de la circulation des navires dans ce passage stratégique, sans que Washington ne prenne part aux échanges.
Pour saisir l’importance de ces tractations, il faut regarder la carte. Le détroit d’Ormuz est cette étroite bande d’eau entre l’Iran et Oman. Avant la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux y transitaient. De quoi donner à ce couloir une valeur stratégique inestimable. Oman, de son côté, cultive une neutralité précieuse dans une région survoltée. Le pays a souvent joué les médiateurs, de l’Iran au Yémen. Il tente aujourd’hui de rapprocher les points de vue sur le dossier d’Ormuz, ce qui agace visiblement la Maison-Blanche.
Sur le terrain, les positions restent figées. Téhéran contrôle le détroit de manière quasi continue depuis l’offensive israélo-américaine qui a déclenché le conflit fin février. La République islamique répète qu’elle ne le laissera pas passer. Washington assure au contraire en tenir les rênes, tout en imposant un blocus aux ports iraniens. Dans cet affrontement, le pétrole suit la courbe des peurs. Lundi, le baril de Brent prenait 0,4 % et dépassait les 91 dollars, quand le WTI américain gagnait 0,6 % pour frôler les 85 dollars.
Derrière la vitrine guerrière, des canaux discrets continuent pourtant de tourner. L’émissaire américain Jared Kushner décrit des échanges avec Téhéran comme très animés, même s’il reconnaît une confiance limitée. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé de son côté à laisser toute sa place à la diplomatie. Un analyste de l’Atlantic Council, Nate Swanson, résume la situation en quelques mots. Selon lui, les menaces de Trump contre Oman traduisent une profonde frustration face à un conflit sans issue. Il voit dans ces coups de gueule un réflexe plus qu’une stratégie. Fox News affirme enfin que Donald Trump a reconnu une ligne de communication directe avec les Gardiens de la Révolution iraniens. De quoi maintenir une porte de sortie, malgré les apparences.
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