Économie
L’étau se resserre sur Cuba les entreprises étrangères tournent le dos à l’île
Le compte à rebours est lancé pour les entreprises étrangères à Cuba. Sous la menace de sanctions américaines plusieurs d’entre elles ont déjà réduit ou stoppé leurs activités sur l’île
Depuis janvier, l’administration Trump multiplie les pressions contre Cuba. Washington accuse le régime communiste de représenter une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. Au cœur de cette stratégie, un conglomérat nommé Gaesa, lié à l’armée cubaine et présent dans des secteurs clés comme le tourisme, les mines ou le transport. Le 1er mai, un décret présidentiel a renforcé les sanctions déjà en vigueur. Il donne jusqu’à ce vendredi aux entreprises étrangères pour rompre tout lien avec Gaesa. Celles qui refusent risquent des mesures lourdes accès bloqué au système financier international, interdiction de transaction ou gel de leurs avoirs.
Les annonces se succèdent. Lundi, la chaîne canadienne Blue Diamond a mis fin à toutes ses activités touristiques à Cuba. Mardi, le groupe espagnol Iberostar a lâché la gestion d’une dizaine d’hôtels qu’il cogérait avec Gaviota, la branche tourisme de Gaesa. Parmi eux, la Torre K, plus haut gratte-ciel de La Havane, 42 étages et 500 chambres. Inauguré début 2025, il a fermé un an plus tard à cause de la crise énergétique et de l’effondrement du tourisme. D’autres géants comme Melia (Espagne) et Archipielago International (Indonésie) étudient un retrait partiel ou total. Côté transport maritime, la française CMA CGM et l’allemande Hapag-Lloyd ont suspendu leurs réservations de fret vers Cuba. La minière canadienne Sherritt, active dans le nickel et le cobalt depuis les années 1990, a déjà quitté l’île le 7 mai.
L’économiste cubain Daniel Torralbas parle d’un impact dévastateur pour l’économie du pays. Il estime que 2026 pourrait devenir l’année la plus noire depuis 70 ans. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio accuse les dirigeants cubains de corruption via Gaesa. Selon le département d’État, le conglomérat pèse 18 milliards de dollars et contrôlerait jusqu’à 70% de l’économie de l’île. De son côté, La Havane défend Gaesa. Créé en 1995 pour contourner l’embargo américain en vigueur depuis 1962, le groupe est présenté comme un outil efficace face au siège économique. Le gouvernement rejette l’idée d’une structure opaque et affirme que Gaesa a prouvé sa capacité à générer des devises et à maintenir l’économie à flot.
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