Économie
Le Royaume-Uni envisage un droit de veto pour les éditeurs face à l’intelligence artificielle de Google

_**L’autorité britannique de la concurrence propose un cadre permettant aux sites, notamment médiatiques, de bloquer l’utilisation de leurs contenus par les outils d’IA du géant de la recherche.**_
L’autorité britannique de la concurrence (CMA) a soumis une série de propositions visant à réguler les pratiques de Google dans le domaine de la recherche en ligne. L’une des mesures phares permettrait aux éditeurs de sites internet, en particulier les organes de presse, de refuser que leurs productions soient exploitées par certaines fonctionnalités d’intelligence artificielle du groupe, telles que les « Aperçus IA ». Ce dispositif génère automatiquement des synthèses en réponse aux requêtes des internautes, une pratique décriée par les ayants droit.
Les professionnels de l’information dénoncent depuis des mois l’extraction de leurs articles pour alimenter les modèles d’IA sans contrepartie financière. Ils estiment par ailleurs que ces résumés automatisés détournent les internautes des pages sources, réduisant ainsi le trafic vers leurs plateformes et, par conséquent, leurs recettes publicitaires. La proposition de la CMA entend leur offrir un levier de contrôle inédit, non seulement sur l’intégration de leurs contenus dans ces aperçus, mais aussi sur leur utilisation pour l’entraînement des systèmes d’IA en dehors de l’écosystème de recherche de Google.
Le régulateur impose également au géant technologique de garantir une attribution claire des sources dans les résultats générés par l’intelligence artificielle. Cette initiative s’inscrit dans le sillage de la désignation de Google comme « entreprise stratégique sur le marché » à l’automne dernier, un statut qui entraîne des obligations renforcées en raison de sa position dominante. Au Royaume-Uni, près de neuf recherches sur dix transitent par son moteur.
Outre ces dispositions concernant l’IA, la consultation publique lancée par la CMA évoque d’autres mesures, comme la simplification du changement de moteur de recherche par défaut ou l’obligation pour Google de justifier l’équité de son algorithme de classement. La société a pour sa part rappelé mettre déjà à disposition des éditeurs divers outils pour modérer l’apparence de leurs contenus dans les résultats, tout en mettant en garde contre toute modification susceptible de dégrader l’expérience utilisateur. La période de consultation s’achèvera le 25 février prochain.

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