Politique
Le Rassemblement national tente de renverser le gouvernement sur sa politique énergétique

Les députés du parti d’extrême droite ont déposé une motion de censure, contestant la méthode et le contenu de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie. Le Parti socialiste a d’ores et déjà annoncé qu’il ne la soutiendrait pas.
L’Assemblée nationale est le théâtre d’une nouvelle offensive parlementaire. Le groupe Rassemblement national a formalisé le dépôt d’une motion de censure, ciblant explicitement la stratégie énergétique du gouvernement. Cette initiative fait suite à la publication par décret de la programmation pluriannuelle de l’énergie, un document qui fixe les grandes orientations du pays jusqu’en 2035.
Les élus frontistes dénoncent une double faute. Sur le fond, ils estiment que le texte officialise une politique de décroissance, favorise de manière excessive les énergies renouvelables intermittentes et présente selon eux des risques majeurs pour les finances publiques. Sur la forme, ils fustigent une procédure qu’ils qualifient d’illibérale, arguant que le recours au décret prive le Parlement d’un débat démocratique essentiel sur un sujet de cette ampleur.
La présidente du groupe, Marine Le Pen, avait prévenu qu’elle engagerait cette procédure si aucune autre formation ne le faisait, appelant toutes les forces hostiles au texte à se joindre à elle. Elle avait auparavant mis en garde le Premier ministre, considérant que la publication de ce programme par voie réglementaire constituerait une erreur politique grave.
Le texte gouvernemental prévoit notamment la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2, ainsi que l’étude de huit sites supplémentaires. Il acte également la prolongation de la durée de vie du parc existant et le développement d’un prototype de petit réacteur modulaire pour la prochaine décennie. Concernant les énergies renouvelables, l’exécutif promet des investissements massifs dans l’éolien en mer, le photovoltaïque et la géothermie, tout en privilégiant le renforcement de la puissance des installations terrestres existantes plutôt que la multiplication des mâts.
Cette motion de censure a peu de chance d’aboutir, faute de majorité. Le Parti socialiste a immédiatement indiqué qu’il ne la voterait pas. Un de ses députés, également candidat à la présidence de la République, a jugé le programme énergétique « pas idéal » mais « pas infamant », rejetant ce qu’il perçoit comme une stratégie de dramatisation systématique de la part du RN. Il a rappelé que son groupe avait choisi de négocier avec le gouvernement pour assurer une certaine stabilité, et non pour créer un climat d’instabilité permanente.

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