Société
Le maire de Tarbes face à la justice pour des marchés publics litigieux

L’élu LR Gérard Trémège a reconnu devant le tribunal correctionnel de Pau avoir commis des « erreurs » tout en dénonçant une machination politique, lors de l’ouverture de son procès pour favoritisme et prise illégale d’intérêts.
L’édile de 81 ans, en fonction depuis 2001 et mis en examen depuis 2015, a réfuté l’existence d’un quelconque système organisé au profit de relations personnelles. Les investigations judiciaires soulèvent pourtant des soupçons persistants concernant l’attribution de contrats municipaux entre 2009 et 2015. Plusieurs entreprises proches auraient bénéficié de marchés publics sans respecter les procédures légales, tandis que des biens communaux leur auraient été cédés à des tarifs anormalement bas.
Les enquêteurs ont particulièrement relevé des attributions de travaux d’élagage à une société ne respectant pas la réglementation, ainsi que de multiples contrats de rénovation octroyés à des candidats présentant des dossiers incomplets. Ces marchés affichaient fréquemment des coûts substantiellement supérieurs aux prix du marché. Deux expertises judiciaires ont mis en lumière des lacunes importantes dans la gestion des procédures, jugées incompatibles avec les standards attendus pour une ville de 45 000 habitants.
L’affaire trouve son origine dans des signalements émanant de citoyens et de militants politiques à la fin de l’année 2012. À la barre, le maire a maintenu sa version des faits, évoquant une manœuvre orchestrée par son ancien rival politique Jean Glavany. Il a déclaré n’avoir jamais recherché d’avantage personnel dans ses décisions, privilégiant selon lui les entreprises locales par souci de développement territorial.
L’élu a concédé certaines négligences dans l’exercice de ses fonctions, qu’il attribue à son tempérament exigeant et à des pressions accrues pour obtenir des résultats rapides. Tout en reconnaissant des imperfections dans sa gestion, il a fermement nié toute intention délibérée de contourner la loi. Huit autres personnes, dont d’anciens responsables municipaux et des entrepreneurs locaux, comparaissent conjointement dans cette affaire qui se poursuivra jusqu’à la fin de la semaine.

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