Politique
Le favori lyonnais se fait discret en fin de course électorale
L’ancien président de l’OL, Jean-Michel Aulas, en tête des intentions de vote pour la mairie de Lyon, limite désormais ses apparitions médiatiques. Son entourage justifie cette stratégie par une volonté de privilégier le contact direct avec les électeurs.
Le candidat soutenu par la droite et le centre-droit apparaît peu dans l’espace public au terme de cette séquence de campagne. Son absence a été remarquée lors d’un débat organisé cette semaine entre plusieurs prétendants à la fonction de maire, où une place vide symbolisait son forfait. Quelques jours auparavant, il avait également manqué à un rendez-vous fixé avec une radio locale, un fait divers interprété par certains observateurs comme le signe d’une réticence à s’exposer.
Cette discrétion médiatique survient après des prestations publiques qui avaient suscité des critiques, notamment lors d’un premier débat télévisé fin février. Des concurrents avaient alors relevé des approximations sur des dossiers techniques ou une forme de raideur, attribuée par l’intéressé lui-même à sa méconnaissance des codes du milieu politique. Il avait exprimé sa frustration sur les réseaux sociaux, réaffirmant qu’il n’était « pas issu de ce monde ».
Son équipe de campagne défend une approche différente. Elle met en avant un calendbre centré sur des actions de proximité, comme la distribution de tracts, les rencontres de porte-à-porte et les réunions publiques, en prélude à un grand rassemblement prévu la semaine prochaine. Concernant les sollicitations des médias, ses conseillers indiquent ne retenir que les propositions jugées « efficaces », arguant de l’audience limitée des formats déclinés.
Cette stratégie de réserve ne semble pas, pour l’instant, entamer sa popularité. Les derniers sondages lui accordent une avance confortable sur le maire sortant, Grégory Doucet. Une notoriété largement héritée de sa longue carrière à la tête du club de football olympique lyonnais, qu’il a conduit au sommet du championnat national. Pour préserver ce capital de sympathie, sa campagne évite soigneusement la polémique et met en avant son profil d’entrepreneur et de rassembleur, ainsi que le caractère novateur de sa liste, composée en partie de personnalités de la société civile.
Ses adversaires, notamment dans les rangs écologistes, dénoncent quant à eux cette distance prise avec le débat contradictoire, y voyant une forme de mépris envers les électeurs. Ils estiment que le refus de confronter les projets prive la campagne municipale d’une partie essentielle de sa substance démocratique. Le scrutin devra finalement départager l’attrait pour une figure consensuelle et populaire et l’exigence d’un programme précis et débattu.
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