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Un ancien Premier ministre népalais rentre au pays, mandat d’arrêt en poche et soutiens dans la rue

Accusé de blanchiment d’argent, Sher Bahadur Deuba a malgré tout été acclamé par ses partisans à son arrivée à Katmandou. Retour sur un rendez-vous…

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Un ancien Premier ministre népalais rentre au pays, mandat d'arrêt en poche et soutiens dans la rue

Accusé de blanchiment d’argent, Sher Bahadur Deuba a malgré tout été acclamé par ses partisans à son arrivée à Katmandou. Retour sur un rendez-vous politique à haut risque.

Il a 80 ans, cinq mandats de Premier ministre derrière lui, et il est revenu chez lui en héros. Sher Bahadur Deuba a regagné le Népal après six mois passés à l’étranger pour des soins médicaux. Des centaines de sympathisants l’attendaient le long de la route de l’aéroport international de Katmandou. Une scène digne d’un homme d’État, pourtant celui-ci est sous le coup d’un mandat d’arrêt. La police népalaise le soupçonne, ainsi que son épouse Arzu Rana Deuba, ancienne ministre des Affaires étrangères, de blanchiment d’argent. L’enquête est menée par le département spécialisé de la police dans ce type d’affaires.

Les forces de l’ordre n’ont pas bougé d’un centimètre. Le porte-parole de la police l’assure, la sécurité de l’ancien chef de gouvernement est assurée à l’aéroport comme lors du rassemblement organisé en son honneur, parce qu’il est un ancien Premier ministre. Deuba, lui, refuse de se laisser enfermer dans la seule affaire judiciaire. Dans un message publié sur les réseaux sociaux après son arrivée, il affirme ne pas revenir pour le pouvoir, mais pour renforcer l’unité nationale. Il dit aussi rentrer le cœur rempli de gratitude et l’esprit ouvert, prêt à accueillir les possibilités du changement.

Son retour n’a rien d’anodin. Le Parti du Congrès népalais tient une réunion de trois jours dès vendredi, et Deuba entend bien y jouer son rôle. Il a pourtant perdu la présidence du parti en janvier. Mais il reste l’une des figures les plus connues du paysage politique népalais, avec cinq passages au poste de Premier ministre depuis 1995. Surtout, il est la dernière grande personnalité visée par l’actuel chef du gouvernement, Balendra Shah, arrivé en tête des élections législatives de mars après avoir promis de mettre fin à la corruption. Cette affaire a donc une résonance très politique.

Les soupçons qui pèsent sur Deuba s’inscrivent dans un contexte lourd. Les mandats d’arrêt ont été émis après l’arrestation d’un autre ancien Premier ministre, KP Sharma Oli, dans le cadre de la répression d’une insurrection qui avait coûté la vie à au moins 76 personnes en septembre. Plus de 2 600 personnes avaient été blessées. Lors de ces émeutes, la résidence de Deuba avait été incendiée, comme beaucoup d’autres bâtiments. D’importantes sommes d’argent liquide avaient ensuite été découvertes dans les décombres. Lui dénonce une « fausse propagande » et parle d’un complot, sans savoir qui en est à l’origine. Il affirme même que des vidéos circulant en ligne auraient probablement été générées par intelligence artificielle. Ses partisans, eux, voient surtout l’homme qui a donné libertés et droits au pays. L’un d’eux, Gita Chaudhari, résume ce sentiment en quelques mots. Pour elle, Deuba est un guide, pour eux comme pour la nation.

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