Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Le désert de l’Idaho cache une révolution nucléaire silencieuse

Dans l’Idaho, des hangars discrets abritent les premiers réacteurs nucléaires de nouvelle génération made in USA. Une renaissance qui pourrait changer la…

Article

le

Le désert de l'Idaho cache une révolution nucléaire silencieuse

Dans l’Idaho, des hangars discrets abritent les premiers réacteurs nucléaires de nouvelle génération made in USA. Une renaissance qui pourrait changer la donne énergétique mondiale dès l’année prochaine.

Au milieu du désert de l’Idaho, des bâtiments sans éclat abritent une petite révolution. Des soldats en armes, des checkpoints et des caisses marquées du trèfle radioactif trahissent l’activité inhabituelle. C’est ici, sur le site de l’Idaho National Laboratory, qu’une start-up nommée Antares a réussi début juin à faire fonctionner seule un réacteur nucléaire d’un nouveau type. Une première aux États-Unis depuis près de cinquante ans. D’autres entreprises suivent dans la foulée Aalo Atomics prépare son propre essai dans les jours à venir, et Valar Atomics a déjà atteint la criticité dans l’Utah mi-juin. Comme le résume Jordan Bramble, le patron d’Antares, c’est la première preuve tangible d’une renaissance du nucléaire américain.

Cette accélération s’explique par un double choc. La guerre en Ukraine puis l’explosion des besoins en énergie pour l’intelligence artificielle ont mis le secteur électrique sous tension. Le gouvernement américain, de Joe Biden à Donald Trump, a répondu en misant sur des partenariats public-privé pour relancer le nucléaire civil. Des milliards de dollars ont déjà été injectés pour développer ces petits réacteurs, surnommés SMR. Leur atout majeur est leur taille et leur mobilité l’un d’eux a même été acheminé jusqu’à l’INL tracté par un pick-up. Surtout, leur conception est fondamentalement différente des réacteurs classiques. Ils n’utilisent pas de vapeur d’eau sous pression, ce qui rend les accidents du type Three Mile Island ou Tchernobyl impossibles. Résultat plus besoin d’immenses parois en béton pour confiner la radioactivité, explique Yasir Arafat, responsable technique d’Aalo.

Reste un long chemin avant de voir ces réacteurs alimenter nos maisons. Avoir atteint la criticité, c’est-à-dire une réaction en chaîne stable, n’est pas une mise en service commerciale. Les prototypes bénéficient d’une dérogation du ministère de l’Énergie, mais les modèles définitifs doivent encore être validés par le régulateur nucléaire américain, la NRC. Pourtant, le ministre de l’Énergie Chris Wright promet que plusieurs de ces réacteurs produiront de l’électricité dés l’an prochain. Il voit même des centaines d’unités opérationnelles d’ici la fin de la décennie. Les premiers SMR de Radiant, une autre start-up du programme, iront d’abord à l’armée américaine, tandis qu’Aalo cible les centres de données. Viendront ensuite les sites industriels puis les collectivités, une fois le prix unitaire réduit par la production en série. Le nucléaire américain veut aussi séduire l’étranger. Seule la Chine possède aujourd’hui un petit réacteur opérationnel. Chris Wright assure que de nombreux pays européens et asiatiques manifestent un intérêt incroyable pour ces technologies, ce qui pourrait générer des exportations massives pour les États-Unis dans la prochaine décennie.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus