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Dans le désert de l’Idaho, les mini-réacteurs nucléaires démarrent pour de bon

Pour la première fois depuis près de cinquante ans, un réacteur nucléaire américain de nouvelle conception a fonctionné en autonomie. Une poignée de…

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Dans le désert de l'Idaho, les mini-réacteurs nucléaires démarrent pour de bon

Pour la première fois depuis près de cinquante ans, un réacteur nucléaire américain de nouvelle conception a fonctionné en autonomie. Une poignée de start-ups prépare une flotte de petites centrales qui pourraient transformer le paysage énergétique.

C’est dans une zone industrielle perdue au milieu du désert de l’Idaho que s’est jouée une première historique. Le 4 juin, la start-up Antares a réussi à faire tourner seule un réacteur nucléaire d’un genre nouveau. Dans les jours qui ont suivi, deux autres entreprises, Aalo Atomics et Valar Atomics, ont atteint le même stade technique dans l’Utah. Ces réacteurs, parfois si petits qu’ils tiennent sur une remorque tractée par un pick-up, marquent le vrai démarrage de ce que certains appellent déjà la renaissance du nucléaire américain.

Pourtant, il y a encore quelques années, le site de l’Idaho National Laboratory était en sommeil. Après les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl, les États-Unis avaient mis un frein brutal au développement de nouveaux réacteurs. Mais la guerre en Ukraine et la folle consommation d’énergie de l’intelligence artificielle ont tout changé. Sous l’impulsion successive de Joe Biden et de Donald Trump, des milliards de dollars publics et privés ont été injectés dans ces petits réacteurs modulaires, appelés SMR. Le gouvernement a mis à disposition des équipes, des infrastructures et près de 80 ans d’expérience accumulée sur place.

Ces réacteurs nouvelle génération ne fonctionnent pas à la vapeur d’eau comme les centrales classiques. Résultat : le scénario catastrophe d’une fusion du cœur, comme à Tchernobyl, devient impossible. Plus besoin de murs en béton de plusieurs mètres d’épaisseur pour les protéger. La sécurité est repensée de fond en comble, mais les dirigeants des start-ups refusent tout passe-droit réglementaire. Leur credo : si ce n’est pas sûr, personne n’en achètera.

Les premiers modèles opérationnels ne seront pas destinés au grand public. Ils iront d’abord alimenter des bases militaires, puis les immenses centres de données des géants du numérique. Viendront ensuite les usines, et enfin les collectivités locales. L’objectif affiché est ambitieux : produire de l’électricité dès l’année prochaine pour certains, et atteindre des centaines de réacteurs d’ici la fin de la décennie. À terme, une entreprise comme Deployable.energy espère fabriquer mille unités par an une fois la production industrialisée.

L’enjeu dépasse largement les frontières américaines. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, assure que de nombreux pays européens et asiatiques sont déjà très intéressés. Les États-Unis voient dans ces petits réacteurs un levier d’indépendance énergétique, mais aussi une occasion de devenir un exportateur massif de technologie nucléaire de nouvelle génération. Le seul autre pays à disposer d’un SMR opérationnel est la Chine. La course est lancée.

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